Bush refuse d'établir un calendrier de retrait d'Irak

Fort Bragg — L'établissement d'un calendrier de retrait d'Irak serait un affront pour les soldats américains morts dans ce pays et encouragerait les terroristes, a déclaré hier le président des États-Unis, George W. Bush.

«Au moment même où plusieurs revers importants ont été infligés aux terroristes, fixer un calendrier artificiel donnerait un nouveau souffle à leur cause», a-t-il dit lors d'un discours prononcé à l'occasion de la fête de l'Indépendance américaine à la base militaire de Fort Bragg (Caroline du Nord, sud-est).

Devant plusieurs milliers de soldats et leurs familles, le président américain s'est de nouveau refusé à établir un calendrier, alors que les appels de la classe politique pour le faire se multiplient.

«Je vous fais cette promesse: je ne vais pas laisser le sacrifice de 2527 soldats qui sont morts en Irak devenir une chose vaine en retirant les troupes avant que la tâche soit accomplie», a-t-il déclaré. M. Bush ne fait que très rarement référence au nombre de soldats américains tués en Irak depuis le début de la guerre dans ce pays en mars 2003.

Le président américain n'a pas fait allusion à la proposition d'un puissant chef chiite irakien, Abdel Aziz al-Hakim, d'étendre une amnistie, proposée par le premier ministre irakien Nouri al-Maliki, aux auteurs des attaques contre les soldats américains. M. Maliki avait indiqué que cette amnistie ne concernerait pas les auteurs de telles attaques.

La Maison-Blanche a souligné qu'elle n'imposerait pas de conditions pour cette amnistie tout en apportant son soutien au projet d'amnistie tel que présenté par M. Maliki.

Le président Bush a affirmé que trois éléments plaidaient contre un calendrier de retrait: la formation d'un gouvernement irakien, la capture d'un extrémiste considéré comme le responsable d'un attentat contre un sanctuaire chiite en février et la mort de l'ancien chef d'al-Qaïda en Irak, Abou Moussab al-Zarqaoui, tué lors d'une attaque américaine.

«Quand j'ai parlé ici il y a un an, les Irakiens n'avaient toujours qu'un gouvernement transitoire fonctionnant dans le cadre d'une loi intérimaire votée avant le rétablissement de la souveraineté, a déclaré le président américain. Aujourd'hui, les Irakiens ont un gouvernement permanent, fonctionnant dans le cadre d'une Constitution démocratique qu'ils ont rédigée eux-mêmes et les Irakiens ont un dirigeant courageux en la personne du premier ministre Maliki.»

Selon M. Bush, le raid effectué contre la maison où se trouvait Zarqaoui a permis de trouver de nombreuses informations qui ont abouti à 190 opérations contre des cibles terroristes en Irak, à la capture de 700 personnes soupçonnées de terrorisme et à la mort de 60 autres.

Le vice-ministre irakien de l'Électricité et ses 19 gardes du corps ont été enlevés hier au cours d'une opération spectaculaire qui souligne la vulnérabilité du gouvernement irakien. Le vice-ministre a été relâché 12 heures plus tard,

Le convoi de Raad al-Hariss est tombé dans une embuscade dans une rue passante de l'est de Bagdad, à proximité du quartier chiite de Sadr-City, a-t-on appris auprès de policiers et de sources proches du ministère de l'Intérieur. Les ravisseurs, en uniformes de camouflage, circulaient à bord de sept véhicules.

Cet enlèvement, le deuxième d'un responsable politique en trois jours, est un coup porté au premier ministre Nouri al-Maliki et à son gouvernement d'union nationale, qui s'efforcent de démontrer qu'ils commencent à prendre la mesure de l'insurrection et des violences à caractère religieux.

La vaste opération de sécurisation de Bagdad lancée à la mi-juin à grand renfort de publicité n'a produit aucune amélioration sur le front de la lutte contre la violence. Samedi, l'explosion d'une bombe sur un marché de Sadr-City a fait plus de 60 morts, du jamais vu en Irak depuis trois mois.