Un Taepodong-2 s'écrase - Pyongyang lance plusieurs missiles

La Corée du Nord a lancé hier au moins six missiles, dont un engin à longue portée Taepodong-2 dont l'essai a échoué une minute après son lancement, ont rapporté hier des responsables américains et japonais et des médias.

Les experts présentent le Taepodong-2 comme un missile à plusieurs étages dont la portée peut atteindre de 3500 à 4300 km, ce qui mettrait à sa portée certaines régions de l'Alaska et inspire de ce fait de vives inquiétudes aux États-Unis.

Un peu plus tôt, l'agence nippone Kyodo citait une source gouvernementale selon laquelle les Nord-Coréens avaient peut-être tiré jusqu'à quatre missiles. Les deux premiers missiles sont tombés à 500 ou 600 km au large de la côte ouest de l'île nippone d'Hokkaido, ajoutait cette source.

Les États-Unis ont vérifié que l'un des engins tirés hier par la Corée du Nord était un missile à longue portée Taepodong-2 capable d'atteindre les côtes américaines et aussitôt entamé des consultations diplomatiques intenses, a-t-on précisé au département d'État.

«Nous avons vérifié que le tir d'essai d'un missile à longue portée avait bien eu lieu», a déclaré un responsable du département d'État ayant requis l'anonymat, précisant qu'il s'agissait bien d'un missile de type Taepodong-2.

«Il est évident qu'il s'agit d'une violation du moratoire de 1999», a précisé ce responsable, faisant allusion au moratoire sur les missiles à longue portée annoncé unilatéralement par Pyongyang en 1999 et réaffirmé à deux reprises, en 2002 et 2004.

La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, était hier soir en contact avec ses homologues des pays participant aux pourparlers à six sur les ambitions nucléaires de la Corée du Nord, a fait savoirun responsable du département d'État américain. Les pourparlers à six regroupent, outre les deux Corées, la Chine, le Japon, les États-Unis et la Russie.

Le secrétaire d'État adjoint aux affaires asiatiques, Christopher Hill, a pour sa part quitté Washington dès hier soir pour se rendre dans la région pour décider avec les partenaires des États-Unis aux négociations à six des prochaines étapes diplomatiques, a précisé le responsable américain.

Aux Nations unies, l'ambassadeur américain John Bolton a fait savoir qu'il avait entamé des consultations d'urgence sur cette question avec d'autres membres du Conseil de sécurité. Des responsables américains ont dit qu'il était trop tôt pour décider d'organiser ou non une réunion. Un porte-parole de la Maison-Blanche a dit que des consultations étaient en cours sur l'initiative nord-coréenne.

La Maison-Blanche a qualifié de provocation le lancement de missiles le jour de la fête nationale américaine, tout en soulignant qu'ils ne semblaient pas représenter une menace pour les États-Unis.

Le président George Bush et le premier ministre japonais Junichiro Koizumi avaient mis en garde la Corée du Nord contre un éventuel essai de missile à longue portée.

La semaine dernière, Bush a réaffirmé que les États-Unis envisageraient une très ferme réplique si Pyongyang procédait à un tel tir. Koizumi a dit que le Japon exercerait des pressions de différents types, sans préciser lesquelles.