Le Mexique plongé dans l'attente

Une fillette s’amusait hier dans les rues de Mexico devant une murale électorale.
Photo: Agence Reuters Une fillette s’amusait hier dans les rues de Mexico devant une murale électorale.

Mexico — La course présidentielle au Mexique est si serrée que les résultats ne seront pas connus avant au moins demain, a annoncé hier la Commission électorale, en précisant que, selon un premier décompte rapide, seulement 1 % sépare les deux principaux candidats.

Luis Carlos Ugalde, le président de l'Institut fédéral électoral, a déclaré qu'un décompte officiel débuterait demain et que le nom du vainqueur ne serait communiqué qu'une fois ce décompte achevé.

Mais selon un premier comptage effectué dans 97,98 % des bureaux de vote, le candidat conservateur Felipe Calderon était crédité de 36,37 % des voix, contre 35,37 % au candidat du Parti de la révolution démocratique, Andres Manuel Lopez Obrador, et 21,55 % au candidat du Parti de la révolution démocratique, Roberto Madrazo.

Le président sortant Vicente Fox a lancé un appel au calme alors qu'apparaissent des craintes d'accès de violence et d'une situation de chaos politique si les résultats ne s'avéraient pas assez nets. Des partisans de Lopez Obrador ont d'ores et déjà averti qu'ils ne concéderaient pas la défaite s'il y avait le moindre soupçon de fraude.

Les deux principales télévisions mexicaines n'ont pas communiqué les résultats de leurs sondages sortis des urnes, expliquant que la différence était inférieure à leur marge d'erreur de 3 %.

Les candidats de la gauche et de la droite ont tous deux revendiqué la victoire, alors que l'IFE avait demandé aux candidats d'attendre la proclamation officielle des résultats. Ils ont assuré qu'ils respecteraient le verdict de l'autorité électorale, mais M. Calderon juge «insurmontable» son avantage, et M. Lopez Obrador estime que sa victoire est «irréversible».

«Voix après voix, et avec les représentants des bureaux de vote que nous avons dans tout le pays, je peux assurer aujourd'hui à tous les Mexicains que j'ai gagné l'élection», a dit hier M. Calderon sur le plateau de la chaîne de télévision Televisa. «Selon nos chiffres, nous avons gagné la présidentielle avec au moins 500 000 voix d'avance», a dit M. Lopez Obrador, porteur des espoirs des plus démunis. La presse a appelé les Mexicains à être patients et à faire confiance à l'IFE, qui a jugé que le scrutin s'était déroulé de manière «exemplaire».

Le nouveau président prendra ses fonctions le 1er décembre pour un mandat de six ans non renouvelable. Son principal défi sera la lutte contre la pauvreté, qui touche la moitié des 103 millions de Mexicains, et contre l'insécurité.

Au Congrès (500 députés et 128 sénateurs), le PAN obtient la majorité relative devant le PRD et le PRI, selon les résultats communiqués par l'IFE. À la Chambre des députés, le PAN totalise 33,72 %, le PRD 29,06 % et le PRI 27,57 %. Au Sénat, le PAN compte 33,95 %, devant le PRD (29,82 %) et le PRI (27,33 %).

Hier, une certitude demeurait soit que le grand perdant de l'élection est le PRI, le Parti révolutionnaire institutionnel qui a gouverné de façon autoritaire et hégémonique le pays 71 ans durant, de 1929 à 2000. Roberto Madrazo, le candidat du PRI à la présidentielle, obtiendrait 20 % des voix. Aux élections parlementaires — le Mexique renouvelait aussi députés et sénateurs — le PRI passe ainsi de la première à la dernière place, derrière le PAN et le PRD.

Avec l'AP