Enlèvement du soldat Shalit - Les ravisseurs lancent un ultimatum

Jérusalem — Alors que l'armée israélienne poursuit son épreuve de force avec le Hamas dans la Bande de Gaza, les trois organisations palestiniennes ayant revendiqué l'enlèvement du caporal Gilad Shalit ont donné jusqu'à aujourd'hui 6h à l'État hébreu pour libérer 1500 prisonniers palestiniens, faute de quoi il devra «en payer les conséquences».

Le gouvernement israélien a pourtant annoncé qu'il ne négocierait pas avec les groupes palestiniens qui détiennent le caporal Shalit depuis plus d'une semaine, et a menacé d'intensifier ses opérations à Gaza en cas de violences contre l'otage.

«Il n'y aura pas de négociations pour libérer les prisonniers», a indiqué le service du premier ministre Ehoud Olmert dans un communiqué. Le ministre de la Justice Haïm Ramon, un proche de M. Olmert, a ensuite averti que l'opération militaire israélienne à Gaza serait «bien pire» si les ravisseurs s'en prenaient au soldat.

Peu avant ces mises au point du gouvernement, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Dan Haloutz, n'avait pourtant pas exclu la tenue de pourparlers pour obtenir la libération du jeune caporal, âgé de 19 ans. Interrogé sur le fait de savoir si l'État hébreu envisageait des négociations, le général avait répondu: «Nous, et j'entends par là les échelons politiques et militaires, envisagerons tout ce qu'il y a à envisager, puis tirerons des conclusions et agirons» en conséquence. Il s'exprimait devant la maison de la famille Shalit dans le nord d'Israël.

Un peu plus tard, Abou Obeida, porte-parole de la branche armée du Hamas, a confié à l'Associated Press qu'Israël devait au moins commencer à relâcher les femmes et les mineurs. «Israël doit comprendre que les factions de la résistance sont sérieuses sur ce sujet», a-t-il souligné, ajoutant que les militants ne feraient pas de compromis.

Mais moins de dix heures avant l'expiration de l'ultimatum, le porte-parole du gouvernement dirigé par le Hamas, Ghazi Hamad, a affirmé qu'il espérait toujours une solution diplomatique. «Nous répétons qu'il est nécessaire de résoudre ce problème avec logique et sagesse, et nous pensons qu'il reste une chance de parvenir à une formule acceptable», a-t-il déclaré.

Le ministre israélien de la Défense Amir Peretz a pour sa part averti qu'il tenait la Syrie responsable du sort de Gilad Shalit, enlevé le 25 juin par des activistes palestiniens. «Nous saurons comment frapper ceux qui sont impliqués», a-t-il dit lors d'une réunion du Parti travailliste.

À Damas, le président syrien Bachar el-Assad a renouvelé le soutien sans faille de son pays aux Palestiniens face à l'offensive militaire israélienne à Gaza, selon l'agence de presse officielle syrienne SANA.

Dans le même temps, à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueë Lavrov a appelé les ravisseurs à libérer le soldat Shalit, et son homologue israélienne Tzipi Livni a exhorté la communauté internationale à exiger sa libération.

«Aujourd'hui, nous souhaitons que la communauté internationale intervienne et demande aux dirigeants palestiniens la libération des Israéliens enlevés», a-t-elle déclaré, précisant qu'un autre Israélien avait été kidnappé. Mais elle n'a pas dit de qui il s'agissait ni quand il avait été enlevé. Parallèlement, l'Algérie a réclamé, au nom des pays arabes, une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies «pour réagir avec vigueur» contre ce qu'elle considère être «des actes criminels contre le peuple palestinien».

Par ailleurs, dans son édition d'hier, le quotidien panarabe Al-Hayat a rapporté qu'une équipe de la sécurité égyptienne avait rendu visite au soldat israélien enlevé à Gaza pour tenter de trouver une solution entre l'État hébreu et les militants palestiniens qui le retiennent.

Citant des «sources palestiniennes informées», le quotidien a précisé que le caporal Shalit est traité par un médecin palestinien pour «trois blessures par balles». Al-Hayat ne dit pas quand cette visite a eu lieu.

Depuis la capture du caporal Shalit lors d'un raid contre un fortin israélien, Le Caire tente de négocier un règlement avec ces militants palestiniens liés au Hamas au pouvoir. Loin de ses efforts de médiation, l'infanterie israélienne est de nouveau entrée hier à Gaza et l'aviation a procédé à de nombreux raids.

Un militant du Hamas a été tué et quatre autres blessés par une frappe israélienne à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, juste après minuit, selon des Palestiniens. Israël a affirmé que ses forces aériennes visaient des Palestiniens en train de placer une bombe près de positions tenues par des soldats.

Tôt ce matin,les forces israéliennes ont encerclé un bâtiment de Ramallah, en Cisjordanie. Selon Tsahal, des militants qui ont enlevé et tué un colon israélien de 18 ans la semaine dernière étaient retranchés à l'intérieur, et l'objectif était de les arrêter.