Négociations avec l'ETA - Le président Zapatero va de l'avant

Madrid — Le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a annoncé hier que les pourparlers de paix avec les séparatistes basques de l'ETA commenceraient ce mois-ci malgré le rejet d'une partie de l'opinion.

La veille, des centaines de milliers d'Espagnols s'étaient joints à des dirigeants de l'opposition pour manifester à Madrid contre l'ouverture des négociations avec l'ETA, exigeant que le mouvement clandestin dépose d'abord les armes.

Des survivants des attentats perpétrés le 11 mars 2004 dans des trains de banlieue à Madrid ont rallié la manifestation antigouvernementale et demandé à Zapatero une enquête plus poussée sur ces explosions qui avaient fait 191 morts. «Nous voulons connaître la vérité!», scandaient-ils sur la Plaza Colon, où l'on entendait aussi «Zapatero, démission!».

Une enquête de deux ans a écarté une implication du mouvement armé basque dans les attentats de Madrid, mais le Parti populaire (opposition) et certains groupes de victimes jugent encore possible que l'ETA y ait joué un rôle.

Mais selon Zapatero, la majorité des Espagnols soutient l'ouverture de ces discussions qui doivent mettre fin à 38 ans de violences.

«Je vais entamer le processus [de paix] ce mois-ci», a déclaré hier le chef de l'exécutif au journal La Vanguardia. «Nous sommes dans les meilleures conditions possibles pour mettre fin à la violence, et je bénéficie d'un large soutien au parlement.»

Le Parti populaire (opposition de droite) de Mariano Rajoy a retiré le 6 juin son soutien au projet de pourparlers du gouvernement socialiste tant que l'ETA n'aura pas prouvé que le cessez-le-feu a définitivement pris corps.

L'organisation séparatiste basque est jugée responsable de plus de 800 morts dans sa lutte insurrectionnelle pour un État indépendant dans le nord-ouest de l'Espagne et le sud-ouest de la France. Elle a rompu par deux fois le cessez-le-feu dans les années 1990.