France - Villepin exclut un retrait du contrat-jeunes

Paris — Le premier ministre français, Dominique de Villepin, a exclu hier soir un retrait du nouveau contrat-jeunes, qui a suscité la colère des syndicats et des étudiants, tout en appelant au dialogue pour lever les «malentendus».

Intervenant lors du journal du soir de la chaîne privée TF1, le plus regardé de France, M. de Villepin a assuré que la loi adoptée la semaine dernière par le Parlement, qui institue le contrat première embauche (CPE), «s'appliquera». Alors que la fronde contre le CPE semble s'installer dans la durée, M. de Villepin a lancé simultanément un appel au dialogue aux partenaires sociaux, en souhaitant que «de nouvelles garanties» soient négociées avec eux.

«La loi qui a été votée s'appliquera, elle sera mise en oeuvre, mais je souhaite, comme c'est prévu dans la loi, compléter les garanties qui sont apportées par de nouvelles garanties qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux», a-t-il déclaré.

C'était la première fois que M. de Villepin, qui a fait du CPE un outil phare dans la lutte contre le chômage, s'exprimait à la télévision depuis la journée du 7 mars, qui a rassemblé de 400 000 à un million de manifestants dans les rues du pays.

Plusieurs autres manifestations contre le CPE sont prévues la semaine prochaine, notamment de la part des étudiants, alors qu'une quarantaine d'universités sont touchées par un mouvement de grève.

Réservé aux moins de 26 ans, ce contrat est particulièrement décrié pour la possibilité offerte à un employeur de se séparer, sans donner de justification, d'un salarié pendant les deux premières années.

Des garanties supplémentaires, a promis hier M. de Villepin, vont être proposées aux partenaires sociaux pour encadrer le CPE, notamment en matière de rémunération. Il leur a aussi proposé de les retrouver «tous les six mois» pour procéder à une évaluation du CPE.

Se présentant, comme il aime le faire, en «homme d'action», il a rappelé que 23 % des moins de 25 ans sur le marché du travail en France sont au chômage. Une proportion qui atteint 40 % dans les banlieues défavorisées ayant été secouées par des émeutes en novembre dernier.

Il a également indiqué qu'il voulait rencontrer en avril «l'ensemble des partenaires sociaux» pour trouver «des réponses concrètes» à «la précarité dans l'emploi».

«Au-delà du CPE, il y a une inquiétude dans notre pays sur la précarité, qui concerne les jeunes mais aussi les salariés à temps partiel, notamment toutes ces femmes qui s'inquiètent pour le lendemain, et les salariés peu qualifiés», a-t-il assuré.

Il a aussi estimé qu'il y avait eu sur ce dossier «beaucoup de malentendus, de confusion, beaucoup d'incompréhension». «Mais est-ce que je peux, comme chef de gouvernement, ne pas prendre en compte cette situation de précarité des jeunes, qui n'a fait que s'accroître depuis 20 ans? Est-ce que nous pouvons rester sans rien faire?», a ajouté M. de Villepin.