7e Sommet de la gouvernance progressiste - Agir contre la pauvreté

Hammanskraal, Afrique du Sud — Les participants au Sommet de la gouvernance progressiste, dont le président brésilien Lula, ont souligné hier en Afrique du Sud la nécessité d'avancer dans les négociations sur le commerce mondial afin d'aider les pays pauvres.

«On ne peut pas se permettre de laisser passer l'occasion créée par ces négociations et permettre que les pays pauvres deviennent plus pauvres», a déclaré le président Luiz Inacio Lula da Silva lors d'un conférence de presse conjointe à l'issue de ce sommet de deux jours.

Les dirigeants qui participaient à la rencontre, dont le premier ministre britannique Tony Blair, n'ont cependant pas détaillé quels seraient les moyens mis en oeuvre pour faire avancer dans ce sens les discussions au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

«2006 est l'année où le monde décide ou non d'être ambitieux sur le thème des échanges internationaux, ce qui aura d'énormes implications pour agir contre la pauvreté», a simplement déclaré M. Blair.

Ce 7e sommet du «Réseau de la gouvernance progressiste» avait pour but de permettre aux dirigeants et personnalités de centre-gauche qui en font partie de définir l'attitude à adopter dans les négociations à l'OMC, afin de combattre les inégalités entre pays riches et pays pauvres.

Le président sud-africain Thabo Mbeki a à cette occasion accueilli Lula et Tony Blair, ainsi que les premiers ministres néo-zélandais Helen Clark, suédois Goeran Persson, sud-coréen Lee Hae Chan et éthiopien Meles Zenawi, à Didimala, établissement de luxe isolé dans la brousse près de Hammanskraal, au nord de Pretoria.

C'est à la demande de Lula — qui a terminé en Afrique du Sud une tournée qui l'a aussi conduit en Algérie, au Bénin et au Botswana — que ce sommet a examiné la suite à donner aux dernières discussions de l'OMC en décembre à Hong Kong.

«Je pense que nous devons toucher le coeur d'autres dirigeants dans le monde pour prendre en compte les intérêts des pays les plus pauvres», a estimé le président brésilien, selon lequel les questions ne sont pas seulement économiques, mais aussi «politiques et sociales». Aucune décision n'a cependant été prise sur sa proposition d'organiser un sommet entre les pays riches du G8 et les pays émergents du G20.

Le premier ministre suédois a pour sa part mis en garde contre un échec des négociations. «Si nous ne parvenons pas à un accord sur le cadre défini par l'OMC pour les échanges dans l'avenir, le système multilatéral est remis en question», a lancé M. Persson.

Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy — qui pousse à un progrès des discussions avant fin avril afin d'élaborer un texte final d'ici à juillet — et le commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, ont aussi assisté à ces discussions informelles, fermées à la presse.

Au total, une quarantaine de personnalités ont participé à des tables rondes de réflexion organisées samedi. C'est la première fois qu'un sommet du Réseau de la gouvernance progressiste, créé en 1999, se tenait dans un pays en développement. Les précédents avaient eu lieu en Hongrie, en Italie, en Allemagne, en Suède, en Angleterre et aux États-Unis.

L'appartenance des dirigeants du centre gauche au réseau varie selon les élections. En font actuellement partie les chefs d'État ou de gouvernement d'Afrique du Sud, d'Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, de Corée du Sud, d'Espagne, d'Éthiopie, de Grande-Bretagne, de Hongrie, de Nouvelle-Zélande, de Pologne, de République tchèque et de Suède.