Le G8 s'inquiète des approvisionnements en énergie

Moscou — Les ministres des Finances des pays du G8 ont tiré la sonnette d'alarme samedi sur le coût de l'énergie et ont appelé à une meilleure coopération internationale pour garantir la stabilité des approvisionnements.

Les ministres du Groupe des huit pays les plus industrialisés estiment dans leur communiqué final que la croissance économique mondiale est solide, mais qu'elle est menacée par le niveau élevé et la volatilité des prix de l'énergie.

«Nous devons développer une stratégie civilisée qui garantira de manière fiable l'approvisionnement mondial d'énergie à des prix raisonnables et avec des dégâts minimaux pour l'environnement», a déclaré le président russe Vladimir Poutine aux ministres.

Le communiqué final préconise une intensification des efforts pour coordonner la politique de l'énergie et favoriser la stabilité des prix par le biais d'un marché fonctionnant correctement.

La Russie, invitée à entrer au sein du G7 au milieu des années 1990, préside cette année pour la première fois le club des puissances les plus industrialisées qui comprend également les États-Unis, le Japon, la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie et le Canada.

Poutine a fait de la sécurité des sources d'énergie le thème central de 2006. Pour certains de ses partenaires, la Russie est à la fois l'une des causes et la solution du problème.

La Russie est l'un des principaux fournisseurs mondiaux de pétrole et de gaz, et son récent conflit avec l'Ukraine, dont il a interrompu les approvisionnements en gaz, a perturbé les livraisons dans d'autres pays européens comme la Hongrie, l'Autriche et l'Italie.

Rodrigo Rato, directeur général du Fonds monétaire international, présent à la réunion, a estimé que les problèmes d'approvisionnements expliquaient apparemment de plus en plus l'augmentation des prix — et non plus seulement la hausse de la demande de pays comme la chine.

À plus de 60 dollars, le prix du baril de pétrole a doublé en deux ans même s'il reste inférieur à ses records absolus atteints après l'embargo du pétrole arabe, la révolution iranienne et la guerre Iran-Irak au milieu des années 1970 et au début des années 1980.

Le communiqué final du G8 ne mentionne pas le conflit gazier russe, mais des responsables ont dit espérer que le Kremlin autorise une augmentation des investissements étrangers dans son secteur de l'énergie en relâchant la mainmise du fournisseur monopolistique Gazprom.

Les tensions provoquées par le dossier de l'enrichissement de l'uranium iranien ont également rappelé la vulnérabilité des approvisionnements.