Israël s'étonne - Poutine convie le Hamas à Moscou

Le président Vladimir Poutine a annoncé hier son intention d'inviter sous peu à Moscou les chefs du Hamas, une initiative qui a suscité surprise et irritation en Israël.

Les États-Unis ont pour leur part indiqué que tout gouvernement recevant des dirigeants du Mouvement de la résistance islamique devait réaffirmer les conditions fixées par le quartet des médiateurs internationaux au Proche-Orient à tout dialogue avec le Hamas.

«Nous maintenons nos contacts avec le Hamas et avons l'intention, dans un proche avenir, d'inviter à Moscou la direction de cette organisation», a déclaré Vladimir Poutine lors d'une visite à Madrid. «Il faut reconnaître que le Hamas a pris le pouvoir en Palestine autonome lors d'élections démocratiques et légitimes, et on doit respecter le choix du peuple palestinien», a ajouté le chef de l'État russe.

«Si nous recevons une invitation officielle à aller en Russie, nous irons en Russie», a aussitôt réagi Ismaïl Haniyeh, chef de la liste du Hamas aux élections législatives du mois dernier.

Poutine a justifié son initiative par la nécessité de «chercher des solutions, des dispositions qui soient acceptables à la fois par les forces politiques qui dirigent la Palestine, par la communauté internationale et aussi par Israël».

Mais en Israël, où elle a causé la surprise, Mark Regev, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a réaffirmé le refus d'Israël de considérer le Hamas comme un partenaire tant qu'il ne reconnaîtra pas Israël, n'acceptera pas la Feuille de route pour la paix et ne renoncera pas au «terrorisme».

Contrairement à Israël, aux États-Unis et à l'Union européenne, a souligné le président Poutine, «nous n'avons jamais qualifié le Hamas d'organisation terroriste».

Mais Regev a rappelé que le quartet à l'origine de la Feuille de route (Russie, États-Unis, ONU et Union européenne — avait invité le Hamas à renoncer aux armes et à reconnaître Israël lors de sa dernière réunion, le 30 janvier à Londres.

«Nous supposons que toute rencontre avec des représentants palestiniens, y compris du Hamas, doit permettre de mettre l'accent sur ces principes», a réagi à Washington David Welsh, secrétaire d'État adjoint chargé du Proche-Orient. «Telle devrait être l'approche de tout pays, ce qui revient à faire admettre ce qui a été convenu au niveau international», a-t-il poursuivi.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a fait savoir qu'il chargerait ce mois-ci le Hamas de former un gouvernement, mais il a exhorté le mouvement intégriste à soutenir préalablement les accords d'Oslo de 1993 et les engagements pris envers Israël aux termes de la Feuille de route.

Rappelant que la Russie avait accepté la déclaration du quartet, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a ajouté: «Les gens à Jérusalem se frottent les yeux. Où va-t-on, là?»