Le Hamas tend la main au Fatah

Le Caire — Une délégation du Hamas a évoqué hier avec des responsables égyptiens une éventuelle participation du Fatah au prochain gouvernement palestinien.

S'exprimant avant le début des discussions, qui devraient s'étaler sur plusieurs jours, Mohamed Nazzal a déclaré au nom du mouvement islamiste que «la possibilité d'une coopération avec le Fatah dans le prochain gouvernement» figurait à l'ordre du jour.

Le Hamas, qui a triomphé aux élections législatives du 25 janvier, avait annoncé samedi avoir invité le Fatah de Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, à siéger au sein de ce gouvernement. Le parti, considéré jusqu'ici comme l'épine dorsale des institutions palestiniennes, n'a pas encore répondu à cette invitation, a-t-il ajouté. Le président de l'Autorité autonome, qui s'est entretenu samedi à Gaza avec la direction du mouvement islamiste, avait jugé prématuré la veille d'évoquer la formation du prochain gouvernement.

Le successeur de Yasser Arafat a toutefois jugé probable que le Hamas, fort de 74 des 132 sièges de la nouvelle chambre, soit appelé à former le nouvel exécutif, tout en insistant sur le fait qu'il devrait s'en tenir aux accord conclus par le passé. «J'ai dit dès le départ que je demanderais au gouvernement de respecter les obligations de l'Autorité», a-t-il réaffirmé.

L'Égypte, qui joue traditionnellement le rôle de médiateur entre l'Autorité autonome et les mouvements radicaux, a fait écho à ce message.

En dépit des pressions internationales, le mouvement islamiste avait auparavant réitéré son refus de reconnaître l'existence d'Israël, mais s'était dit prêt à conclure une longue trêve avec l'État juif. «Nous ne reconnaîtrons jamais la légitimité de l'État sioniste qui s'est implanté sur nos terres», écrit Khaled Méchaal, chef du bureau politique du Hamas en exil à Damas, dans une tribune publiée vendredi par le journal Al-Hayat al-Djadida.

En plus de ces profondes divergences, des activistes du Fatah ont en outre manifesté à Gaza contre toute idée de cohabitation avec le Hamas.

Ismaïl Haniyeh, tête de liste de la formation pour le scrutin du 25 janvier, a indiqué hier que sa formation continuerait à consulter les autres partis si le Fatah refusait son offre. «Nous voulons former une large coalition gouvernementale avec des techniciens et des experts palestiniens», a-t-il souligné.