Les avocats de Saddam Hussein n'ont plus accès à leur client

Amman, Jordanie — Les avocats de Saddam Hussein ont affirmé hier que les forces américaines avaient rejeté deux demandes de rencontre avec leur client et les autres accusés dans le premier procès visant l'ancien dictateur irakien.

Me Khalil al-Dulaimi, chef de la défense, a déclaré à l'agence Associated Press que deux requêtes, l'une émanant de lui et l'autre d'un collègue en Irak, avaient été «rejetées» vendredi et samedi par les autorités militaires américaines de Bagdad. «C'est la première fois qu'ils refusent une [telle] demande de la défense» en plus d'un an, a ajouté le conseil. Aucun motif ne lui aurait été fourni.

Les autorités américaines à Bagdad n'ont pas fait de commentaire, mais il est possible qu'elles ne considèrent plus Me al-Dulaimi comme l'un des avocats de Saddam Hussein depuis sa sortie du tribunal la semaine dernière et son remplacement ordonné par le juge.

L'ex-président irakien comparaît avec sept autres accusés pour la répression sanglante au village chiite de Doujaïl en 1982 après une tentative d'assassinat visant l'ex-raïs.

Selon le juge d'instruction Raid Juhi, les demandes de rencontre des avocats sont généralement présentées au Tribunal spécial irakien, dont il est porte-parole, et non aux autorités militaires américaines. «Nous n'avons reçu aucune demande» de ce genre, a-t-il affirmé à l'AP.

Choix d'un premier ministre

Sur le front politique, l'Alliance unifiée (chiites conservateurs), vainqueur des législatives, se réunit aujourd'hui pour désigner son candidat au poste de premier ministre en Irak, parmi quatre noms déclarés, a indiqué hier un responsable de cette liste.

«La question du choix de notre candidat au poste de Premier ministre sera tranchée lundi [aujourd'hui]», a affirmé Abbas al-Bayati, dirigeant du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), dont le chef Abdel Aziz al-Hakim dirige la coalition des chiites conservateurs.

«Les consultations s'intensifieront d'ici lundi [aujourd'hui] pour arriver à un consensus, mais, si aucun accord n'est trouvé, nous procéderons au vote», a-t-il dit.

Il a par ailleurs reconnu que certaines formations de l'Alliance avaient demandé un report de la réunion jusqu'à samedi pour permettre de parvenir à un consensus. «Nous nous réunirons lundi [aujourd'hui] et déciderons alors de la marche à suivre. Soit nous procédons au vote, soit nous ajournons la décision à samedi», a-t-il dit.

Il a confirmé qu'il y avait toujours quatre candidats au poste: l'actuel chef du gouvernement Ibrahim Jaafari, dirigeant du parti Dawa, Adel Abdel Mehdi, vice-président sortant et membre du CSRII, Nadim Jabiri, chef du parti Fadhila, et Hussein Chahristani, pour les indépendants.

Les chiites conservateurs ont obtenu 128 sièges sur 275 lors des élections générales du 15 décembre. La création d'un haut conseil consultatif est à l'étude, pour guider l'action du gouvernement, a par ailleurs déclaré M. Bayati tout en ajoutant qu'il n'avait pas encore fait l'objet de discussions officielles.

Par ailleurs, la ville chiite de Kerbala, où convergeaient des dizaines de milliers de pèlerins pour le deuil de l'Achoura, a été la cible hier de menaces terroristes, alors que le ministère de l'Intérieur annonçait l'arrestation d'un haut responsable d'al-Qaïda en Irak.

Les forces de sécurité irakiennes ont arrêté la semaine dernière à Bagdad Mohammed Rabih Abou Zar, le «numéro quatre» de la branche irakienne d'Al-Qaïda, a indiqué hier à l'AFP le chef du renseignement au ministère de l'Intérieur, le général Hussein Kamal. D'autre part, l'armée américaine a libéré hier 53 Irakiens.