Programmes québécois - Un Québec sans frontières

Les jeunes Québécois sont nombreux à vouloir aider le reste de la planète à mieux vivre. Cet élan de coopération ne saurait toutefois s'articuler facilement sans la présence de plusieurs programmes gouvernementaux destinés à organiser et soutenir les jeunes dans leurs démarches. Portrait de deux organismes québécois qui financent les projets de notre jeunesse.

Mis sur pied et financé par le ministère des Relations internationales, Québec sans frontières constitue l'un des programmes offerts par la Direction de l'aide internationale afin de «concrétiser la volonté du gouvernement du Québec d'être au coeur du monde de façon solidaire et responsable». Depuis sa création en 1995, ce programme a permis à près de 3500 jeunes de réaliser plus de 315 projets de stage dans 26 pays.

«Le mandat du programme Québec sans frontières est de financer les projets de développement et les stages de solidarité internationale», explique le conseiller à la Direction de l'aide internationale et responsable du programme, Alain Scrosati. Près de 70 % à 80 % des frais du projet sont ainsi assumés par l'organisme, qui fournit aussi du soutien en matière de formation, de personnel et de matériel.

Il est cependant inutile d'y envoyer directement son projet: seuls les membres de l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) sont habilités à recevoir une partie des trois millions annuellement disponibles. C'est que la démarche fonctionne à partir des besoins des partenaires déjà établis: «Les demandes sont effectuées par des partenaires du Sud à l'un de nos partenaires au Nord qui est membre de l'AQOCI et à qui nous fournissons de l'aide logistique et financière pour ensuite embaucher de jeunes stagiaires», résume le responsable du programme.

Stages pour jeunes

Si l'opération semble un peu limitée, les programmes sont cependant variés et permettent à des jeunes de 18 à 35 ans de s'initier à la coopération internationale en réalisant un stage dans un pays de l'Afrique francophone, de l'Amérique latine ou des Antilles. «Étant donné que les projets ne viennent pas de nous, cela nous permet de financer les projets issus directement de la société civile, ce qui donne une certaine couleur à notre action», explique Alain Scrosati.

Que ce soit en groupe ou individuellement, six volets sont proposés aux jeunes: les stages universels (initiation à la solidarité internationale), les stages spécialisés (initiation à la solidarité internationale sur un thème précis, la formation ou une expérience de travail), l'accompagnement de stagiaires (responsable d'un groupe de stagiaires), le volontarisme international (projets d'intervention de six mois à deux ans), les stages OCI (poursuite d'un engagement par un stage rémunéré) et le volet réciprocité (les membres d'un partenaire à l'étranger peuvent acquérir une expérience de travail au Québec). «Notre organisation permet aux jeunes de bonifier leur expérience en passant d'un volet à l'autre, ce qui assure une belle relève sur le plan de la solidarité québécoise», assure Alain Scrosati.

La santé, l'éducation et la formation, l'organisation sociale et communautaire, l'environnement, les activités génératrices de revenus, les droits de la personne et la démocratie ainsi que les technologies de l'information et les communications sont les domaines privilégiés par la Direction de l'aide internationale. L'organisme propose aussi deux autres modes d'aide financière: le Programme québécois de développement international et le Programme de sensibilisation du public.

Afin de bien préparer les quelque 400 participants annuels à leur expérience de coopération, la Direction de l'aide internationale organise une journée où ils sont tous conviés à une réunion afin de leur expliquer dans quoi ils s'embarquent: «Cette rencontre est importante, car cela leur permet de voir le dynamisme de la coopération qui existe au Québec et de leur montrer qu'ils ne sont pas seuls», dit Alain Scrosati.

Québec et les Amériques

Pour sa part, l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse (OQAJ) a été créé en 2000 et mandaté par le gouvernement du Québec pour «développer, par la réalisation d'activités de formation à l'étranger, des relations entre les jeunes du Québec et ceux des autres peuples des Amériques». Bref, favoriser l'accès à l'international aux jeunes âgés de 18 à 35 ans.

«Nous ne constituons pas un organisme de coopération internationale comme tel, mais nous contribuons à réaliser plusieurs projets qui entrent dans cette catégorie», explique le président-directeur général par intérim, Alfred Pilon. Car l'OQAJ reçoit les soumissions de projets directement des participants et accorde ses bourses en fonction des objectifs des demandes et de ses différents programmes.

Les projets soumis à l'OQAJ sont regroupés en quatre programmes: Praxis (pour les étudiants), Curriculum (pour les jeunes professionnels, les travailleurs salariés, les pigistes ou les entrepreneurs), Portfolio (pour les artistes) et Passerelle (pour les jeunes en démarche d'insertion sociale et professionnelle). Ces programmes réguliers permettent aux jeunes d'aligner leur expérience internationale sur leur parcours académique et professionnel: «Sans vouloir minimiser son importance, le creusage d'un puits ne sera pas un projet appuyé par notre organisme, clarifie Alfred Pilon, mais si un étudiant en géographie nous propose un projet d'irrigation dans les Andes, cela sera différent!»

Si près de 50 % des projets sont refusés, ce n'est toutefois pas à cause d'un manque de pertinence, mais bien d'un trop grand nombre de projets proposés! «Il faut partager les ressources selon nos différents objectifs», explique le directeur des programmes de l'OQAJ, Éric Gauthier. «Par exemple, le programme Praxis est plus contingenté que les autres à cause de la forte demande des étudiants», poursuit-il.

Mexique et États-Unis d'abord

Si l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse permet de réaliser des projets dans tous les pays des Amériques, ce sont les États-Unis et le Mexique qui constituent les destinations les plus prisées. C'est que la majorité des projets soumis sont orientés vers nos plus proches voisins: «Nous, nous répondons aux besoins des projets qui sont proposés de manière financière ainsi qu'avec notre expertise», précise Éric Gauthier. Le soutien de l'OQAJ représente 70 % du billet d'avion ainsi que l'assurance santé et rapatriement. «Nous couvrons aussi les frais de déplacement pour les jeunes des régions, en plus de nos services informatifs.»

Outre ses programmes, l'OQAJ remet diverses bourses à saveur internationale lors de concours (p. ex.: Concours québécois en entrepreneuriat, concours Chapeau les filles! (métiers non traditionnels) et Rideau sur le lauréat du prix Amériques création-diffusion). D'autres activités de développement sont aussi au menu. Élaborées par des partenaires québécois (tels que l'Office franco-québécois pour la jeunesse, l'Agence Québec-Wallonie-Bruxelles pour la jeunesse et même Emploi-Québec), ces initiatives permettent d'offrir aux jeunes une vaste diversité de programmes internationaux.

Grâce au réseau international que s'est créé l'organisme au fil des ans, plusieurs activités de développement sont mises de l'avant par l'OQAJ lui-même: «Nous concevons et proposons des projets élaborés avec des partenaires québécois ou étrangers et effectuons ensuite un appel de candidatures pour faire profiter les jeunes de nos contacts et de notre expertise», ajoute Alfred Pilon. De quoi assurer la pérennité de la solidarité de la jeunesse québécoise.

Collaborateur du Devoir