Toujours pas de convention collective chez Renaud-Bray

Le conflit de travail chez Renaud-Bray touche 11 des 26 succursales de la chaîne de librairies.
Photo: Jacques Nadeau Le conflit de travail chez Renaud-Bray touche 11 des 26 succursales de la chaîne de librairies.

En dépit de l'entente de principe intervenue le 14 décembre dernier, les 350 disquaires, libraires, commis et caissiers de onze succursales de la chaîne de librairies Renaud-Bray ont commencé l'année sans convention collective. Et il leur faudra vraisemblablement attendre encore jusqu'à lundi prochain pour espérer voir leur direction et leur exécutif syndical reprendre le dialogue, a appris Le Devoir.

Jointe hier, la porte-parole de Renaud-Bray, Denise Courteau, a toutefois bon espoir de pouvoir tirer un trait sur le conflit de travail qui empoisonne le climat dans 11 des 26 succursales de la chaîne dès le 9 janvier, même si aucun rendez-vous formel n'a encore été fixé avec l'exécutif syndical afin de signer la convention collective obtenue à l'arraché. «J'ai compris que, le 9 janvier, il y aura un contact téléphonique et que les choses suivront rapidement.»

Mais la partie risque d'être plus serrée. Jointe à son tour hier, la conseillère syndicale Josée Detroz juge qu'il est prématuré de parler d'une signature pour aussi tôt que lundi prochain. «Ils [la direction] ont tenu pour acquis que ce serait fait à cette date, mais on n'a pas pris rendez-vous et il faudra voir comment les choses se sont passées pendant les Fêtes avant de prendre une décision.»

Il faut dire que les deux parties se sont laissées en très mauvais termes le 22 décembre dernier, date à laquelle elles devaient signer la convention collective. La direction avait en effet refusé de signer le texte soumis en raison de la mention d'une cinquième journée de maladie en 2005, une option qu'elle affirme avoir rejetée en échange d'un bonus financier.

Le président du syndicat, Patrick Rondeau, affirmait au contraire qu'il n'avait jamais été question de brader cette cinquième journée et qu'elle faisait bel et bien partie de la convention collective telle que négociée entre les deux parties.

Le syndicat avait donc aussitôt répliqué avec l'envoi d'une mise en demeure et le dépôt d'une plainte à la Commission des relations de travail. La direction a depuis reçu une copie de cette plainte. «On a pris connaissance de cette plainte qui reproche à la direction sa mauvaise foi, mais vous savez, c'est difficile à prouver et c'est une accusation qui peut aller dans les deux sens», a commenté Mme Courteau.

Au syndicat, on veut prendre le temps de mesurer les effets de cette rupture sur les membres avant de réagir. «Oui, je reviens le 9 [janvier], oui, nous sommes prêts à signer, mais on a envoyé une mise en demeure le 22 décembre leur demandant de signer la journée même et, s'il y a lieu, il faudra voir si des poursuites devront être tenues à la lumière des événements survenus pendant les Fêtes», a lancé hier Mme Detroz.

Concrètement, le report de la signature de la convention collective a eu peu d'impacts sur le cours des activités dans les succursales touchées, affirme la direction. «Les gens ont repris le travail, les choses vont normalement. L'entente de principe a été acceptée, ce qui reste finalement, c'est du fignolage», juge Mme Courteau.

Intervenue le 14 décembre dernier, l'entente de principe a été acceptée le lendemain dans une proportion de 71 % par les syndiqués. Acceptée en assemblée générale, l'entente d'une durée de quatre ans prévoit des augmentations salariales de 2 % pour les trois premières années et de 2,5 % pour la quatrième année.

Sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2004, les employés avaient déclenché une grève de deux jours le 19 novembre dernier. L'employeur avait répliqué en décrétant un lock-out le 21 novembre, lock-out qu'il a levé dix jours plus tard à l'invitation du conciliateur. Les syndiqués ont aussitôt répliqué en déclenchant une grève illimitée, grève qui aura duré 15 jours.