Littérature - Aki Shimazaki, lauréate du Prix du gouverneur général pour son roman Hotaru

Originaire du Japon, arrivée au pays il y a 28 ans, Aki Shimazaki a été la première surprise de remporter le Prix du gouverneur général, hier, lors de sa remise.
Photo: Jacques Grenier Originaire du Japon, arrivée au pays il y a 28 ans, Aki Shimazaki a été la première surprise de remporter le Prix du gouverneur général, hier, lors de sa remise.

On brandissait les Marie-Claire Blais, Fernand Ouellette et Jean-Rock Gaudreault comme finalistes des Prix littéraires du gouverneur général 2005. C'est plutôt Aki Shimazaki (romans et nouvelles), Geneviève Billette (théâtre) et Michel Bock (essais) qui ont remporté les honneurs.

Originaire du Japon, arrivée au pays il y a 28 ans, Mme Shimazaki en a été la première surprise, elle qui se sentait déjà privilégiée de côtoyer Marie-Claire Blais parmi les finalistes. «Je suis très, très étonnée», a-t-elle avoué, l'émotion et la nervosité palpables dans sa voix. Son roman Hotaru (Leméac/Actes Sud), qui lui vaut cette récompense, conclut une pentalogie écrite en huit ans, jusqu'ici sa seule aventure dans la littérature franco-québécoise, déjà primée par l'Académie des lettres québécoises avec Hamaguri. Un sixième titre est en voie d'être publié.

Avant cette pentalogie, elle avait écrit un roman en japonais. Au Québec depuis 14 ans, elle a vécu son intégration à la culture francophone en parallèle à son éclosion comme écrivaine d'ici. «C'est pour apprendre le français et l'améliorer que j'ai commencé à écrire», a-t-elle dit. Un moment plus tôt, dans un mélange de timidité nerveuse, elle avait affirmé l'inverse: «J'ai appris le français pour écrire... » Un lapsus en forme de destin annoncé puisqu'elle vit désormais sa passion pour l'écriture en français.

On comprend alors que sa quête d'écriture ait été «très difficile» (confidence toutefois faite avec un large sourire) et on ne s'étonne pas d'apprendre qu'elle puisse écrire 1000 pages par la suite minutieusement épurées pour n'en retenir que 150. «J'aime écrire très simplement, les phrases courtes et concentrées comme les haïkus en japonais.»

Un vent de jeunesse soufflait sur cette remise de prix qui se déroulait exceptionnellement à Montréal, capitale mondiale du livre oblige. C'est la dramaturge à la voix d'écrivaine affirmée Geneviève Billette qui est sortie gagnante, avec Le Pays des genoux (Leméac), d'une catégorie théâtre entièrement représentée par des trentenaires. Le postdocteur de l'Université d'Ottawa Michel Bock a récolté le prix au volet des essais avec son second ouvrage à vie, Quand la nation débordait les frontières (HMH), sur le nationalisme chez Lionel Groulx. Au chapitre des illustrations en littérature jeunesse, Isabelle Arsenault a raflé la palme pour Le Coeur de monsieur Gauguin (Les 400 Coups), sa première expérience à titre d'illustratrice.

En poésie, Jean-Marc Desgent, qui a collaboré à plus de 50 revues d'ici et d'ailleurs et qui a été finaliste pour presque toutes les récompenses de ce genre littéraire, l'emporte finalement avec Vingtièmes siècles (Écrits des Forges). Le prix de la traduction revient à Rachel Martinez pour Glenn Gould: une vie (Boréal) et celui du texte de littérature jeunesse à Camille Bouchard pour Le Ricanement des hyènes (La Courte Échelle).

Du côté anglophone, les lauréats sont David Gilmour pour le roman A Perfect Night to Go to China, Fred A. Reed pour la traduction de l'essai d'Henry Hentsch, Truth or Death: The Quest for Immortality in Western Narrative Tradition, John Valliant pour l'essai The Golden Spruce: A True Story of Myth, Madness and Greed, Anne Compton pour le recueil Processional, John Mighton pour la pièce Half Life, Pamela Porter pour le livre jeunesse The Crazy Man et Rob Gonsalves pour l'illustration du livre jeunesse Imagine a Day.