Littérature - Pari risqué, pari gagné au FIL

N'en déplaise aux puristes pour qui les livres parlent d'eux-mêmes, le Festival international de littérature (FIL) vient de reconfirmer sa raison d'être avec sa 11e édition, qui s'est terminée sur une note quasi parfaite, selon la directrice générale et artistique.

«On a gagné notre pari», lance au Devoir, non sans fierté, Michelle Corbeil. Le pari était d'autant plus risqué que le festival se tenait pour la première fois à l'automne (en fait, pour la seconde fois puisque sa toute première édition, en 1994, se déployait en septembre) et indépendamment de l'Union des écrivaines et écrivains, qui constituait un «filet de sécurité» institutionnel, selon la directrice.

«Tout a bien marché cette année», note-t-elle à propos de la soixantaine d'activités qui ont rallié quelque 200 artistes et écrivains d'ici et d'ailleurs. Les Midis littéraires, les Cinq à souhaits ainsi que les spectacles ont souvent fait salle comble. Le volet jeune public, enrichi du Kabaret Kino l'an dernier, a encore grandi avec succès grâce à Dub et Litté, qui jumelait des auteurs tels Christian Mistral et Jade Bérubé à de jeunes musiciens.

Le FIL doit en grande part cette réussite à son déplacement à l'automne, moins chargé en événements littéraires que le printemps. «Revenir en septembre, c'est extrêmement positif parce qu'on devient le premier événement de la rentrée littéraire; et ça nous permet de rejoindre le public étudiant.»

Nouveau départ, donc, pour le FIL, qui réaffirme l'importance de son existence parce qu'elle promeut le livre et la lecture, ce qu'endosse sans gêne sa directrice. «L'objectif de ce festival est très clair, c'est d'amener les gens vers le livre, faire sa promotion.» Cette mission a certes été remplie. À preuve, Le Rhinocétaphe, spectacle qui redonne vie aux écrits de Jacques Ferron — ainsi qu'au parti Rhinocéros —, affiche deux supplémentaire au Lion d'Or les 12 et 24 octobre; vu le nombre de spectateurs qui ont approché Monique Proulx lors du Midi littéraire la jumelant à James Hyndman, nul doute que l'auteure a gagné de nouveaux lecteurs.

Et la fête n'est pas tout à fait terminée puisque le spectacle vedette de cette 11e édition, Jean-Louis Trintignant dit Apollinaire, prendra l'affiche du 28 mars au 1er avril. Revivre au printemps pour mieux respirer à l'automne: c'est ainsi que se dessine la nouvelle approche du FIL.