Droits d'auteur - La Grande Bibliothèque invitée à montrer patte blanche

Président des disques La Québécoise et gérant de Marie-Chantal Toupin, Eduardo da Costa se dit outré que les usagers de la Grande Bibliothèque, à Montréal, puissent copier des disques numériques à même ses postes de travail. Il demande que l'établissement prenne des moyens pour que les disques numériques, à tout le moins, ne puissent plus être copiés sur place.

Eduardo da Costa se dit «outré que les gens puissent copier des CD pour un usage personnel à la BNQ». Les statistiques indiquent que la location de disques compacts et de DVD représente 30 % des prêts à la Grande Bibliothèque. Selon Radio-Canada, les usagers affirment ne pas avoir l'intention de copier les disques sur place. Selon M. da Costa, par contre, puisqu'«on sait qu'on se fait pirater à gauche et à droite», il devrait «au moins y avoir des règles pour empêcher que cela soit fait dans un établissement comme la bibliothèque».

Ce débat naît quelques jours après que l'ADISQ, dont La Québécoise est membre, eut décidé de s'en prendre aux pirates de disques compacts qui sévissent dans les marchés aux puces. «D'un côté, on travaille sur les marchés aux puces pour leur dire d'arrêter ces ventes, commente M. da Costa, et d'un autre côté, dans une bibliothèque qui nous appartient, on peut faire ça!» Avant que l'ADISQ ne se mêle officiellement de ce dossier, le gérant de Marie-Chantal Toupin avait pris le taureau par les cornes et s'était rendu dans des marchés aux puces réclamer aux revendeurs illicites qu'ils lui remettent les copies piratées des albums de sa protégée.

M. da Costa espère que l'ADISQ s'occupera également du dossier de la Grande Bibliothèque. Du côté de l'ADISQ, une porte-parole nous dit que l'organisme est «depuis un certain temps» déjà en discussion avec la bibliothèque sur ce dossier, «qui provoque un inconfort». M. da Costa pense cependant que ce sujet ne prête pas à la discussion. «On a eu de la part du juge l'autorisation de saisir toutes les copies. Le fait que ça soit à la bibliothèque ne change rien à la décision», ajoute-t-il.

Une porte-parole de la Grande Bibliothèque a affirmé que la direction tenait une réunion hier après-midi pour discuter de ce dossier. De plus amples commentaires seront émis aujourd'hui.

M. da Costa se dit confiant que l'ADISQ mènera le dossier selon les intérêts des musiciens et des compagnies de disques qu'elle représente. Il annonce toutefois que, si la situation ne se règle pas, il entend se rendre lui-même à la BNQ pour retirer les disques de Marie-Chantal Toupin de la collection. «Comme ça, je saurai que les miens ne seront pas copiés.»