Comment devenir un zombie chez Stephen King

Pour la bonne cause — la défense du premier amendement de la Constitution des États-Unis, qui garantit la liberté d'expression —, seize auteurs publiés aux États-Unis proposent à leurs lecteurs d'accéder sans peine, moyennant un certain montant, à l'immortalité littéraire. Sur le site eBay, Stephen King, Michael Chabon, John Grisham, Amy Tan, Rick Moody et Neil Gaiman mettent aux enchères, à partir du 1er septembre, le nom d'un des personnages de leurs ouvrages à venir. Les enchérisseurs peuvent proposer leur propre patronyme ou celui d'un être cher.

Sur la page du site (www.ebay.com/fap) qui annonce la vente au profit du First Amendment Project, une ONG américaine, les auteurs donnent quelques précisions sur leur offre. Stephen King propose «le nom d'un (et d'un seul) personnage dans un roman intitulé CELL, qui est en cours d'écriture et qui devrait paraître en 2006 ou 2007. L'acheteur doit être prévenu que CELL est une oeuvre violente dans laquelle des zombies sont mis en action par des signaux de téléphone portable dégradés qui détruisent le cerveau humain. Comme le whisky bon marché, ce sera brutal et agréable». L'auteur de Shining exige également une description physique de l'enchérisseur et prévient que «le personnage peut être masculin ou féminin, mais, s'il veut mourir, ce doit être impérativement une femme».

Sur le même registre macabre, le romancier et scénariste de comics Neil Gaiman (The Sandman) propose de graver le nom de l'heureux gagnant sur une pierre tombale. En revanche, l'auteur de La Firme, John Grisham, s'engage à «peindre le personnage sous un jour favorable». Lemony Snicket, le père des Orphelins Baudelaire, ne conférera pas le patronyme de l'acheteur à un personnage, il en fera l'une des onomatopées proférées par le personnage de Prunille, le bébé aux dents longues dans le treizième tome des aventures de la fratrie.

Michael Chabon (Les Mystères de Pittsburgh) utilisera le nom retenu au moins une fois dans son prochain roman. Après que Gaiman (qui avait déjà vendu le nom d'un bateau d'un de ses livres pour 3 500 dollars US) lui eut soufflé l'idée, l'auteur des Extraordinaires Aventures de Kavalier et Klay, qui est membre du conseil de surveillance du First Amendment Project, a mobilisé ses collègues. Les organisateurs espèrent réunir au moins 50 000 $US.