Salman Rushdie confie la primeur de son roman aux Pays-Bas

Salman Rushdie a confié la primeur de son dixième roman à l'éditeur néerlandais Contact, avec lequel il entretient une relation privilégiée. Shalimar le clown est donc paru jeudi 11 août aux Pays-Bas, traduit dans sa version néerlandaise, avant d'être édité en anglais, la langue dans laquelle il a été écrit, dans le reste du monde, au mois de septembre.

L'histoire se déroule, pour l'essentiel, au Cachemire, cette région à cheval sur l'Inde et le Pakistan où des séparatistes ont lancé une insurrection contre la présence indienne en 1989. Deux des grands-parents de l'écrivain britannique d'origine indienne étaient originaires de ce territoire, devenu aussi l'un des foyers de l'islamisme extrémiste et du terrorisme.

Le thème central du roman est d'ailleurs la politisation et la radicalisation de l'islam, phénomène que Salman Rushdie décrit dans l'itinéraire de son personnage principal. Shalimar vit dans un village de déshérités, de forains et de conteurs, où croyants, incroyants et un juif se côtoient sans problème. Il partage sa vie avec Boonyi depuis que, séduit par la danseuse à l'âge de 14 ans, il a été condamné par le conseil des sages du village à s'unir à elle.

Le clown va brutalement changer lorsque Boonyi part pour Delhi, séduite par Max Ophuls, un diplomate américain d'origine française, un ancien juif résistant, envoyé en Inde par Washington pour tenter de renouer les liens avec un pays qui menace de passer sous la coupe de l'URSS, tandis que l'Amérique a armé et financé le Pakistan.

Le livre décrit le glissement de Shalimar et sa récupération par un groupe islamiste lié aux talibans, aux rebelles philippins et à des financiers saoudiens. Le récit est dépeint par ses premiers lecteurs néerlandais comme dramatique, exubérant et flamboyant. Pour le critique Michaël Zeeman, ce livre est le meilleur de l'auteur des Versets sataniques, un ouvrage frappé d'une fatwa et qui, en 1989, fut brûlé lors de manifestations, tant en Grande-Bretagne qu'aux Pays-Bas.