Sixième rendez-vous annuel des poètes - Mosaïque poétique

Le sixième rendez-vous annuel des poètes s'amorce aujourd'hui dans la métropole avec une programmation élargie, dans le contexte de Montréal, capitale mondiale du livre.

«Il y a un effet mosaïque dans la façon dont notre programme est construit, et c'est le but», explique au Devoir Isabelle Courteau, directrice générale de la Maison de la poésie, qui organise l'événement. «Il s'agit de pouvoir présenter au public tout ce qui se fait, d'accueillir les poètes de toutes les tendances, de découvrir ce qui s'est passé dans l'année, de parler de nouveaux projets.»

L'habituel chapiteau monté sur la place Gérald-Godin, au métro Mont-Royal, abritera une soixantaine d'éditeurs de la francophonie, et plus de tables rondes que les éditions passées. Sur le thème «Passeurs de vers», le Marché cherche à rapprocher davantage le public des poètes en organisant notamment son colloque sur la question de la critique, qui sert souvent d'entremetteur entre poètes et lecteurs mais se fait rare par les temps qui courent.

«C'est une activité presque clandestine par rapport à tout ce qui se publie», déplore le poète Bernard Pozier, qui participe au débat aujourd'hui. «Les gens ne peuvent être proprement informés», puisqu'ils n'ont accès qu'à une infime portion de ce qui existe. Il regrette qu'on colporte l'idée selon laquelle la poésie est d'accès difficile. «C'est une question de choix de société», croit-il plutôt, évoquant l'époque où les journaux publiaient un poème par jour, visibilité aujourd'hui accordée aux cotes en Bourse.

Le colloque se déroule toute la journée cette année afin de donner plus de temps aux échanges entre les participants et l'animatrice Marie-Andrée Lamontagne, mais aussi entre ceux-ci et le public. S'ensuit, demain, une table ronde sur l'évolution de la petite édition animée par le prolifique poète et président d'honneur de la Maison de la poésie, Claude Beausoleil.

Au cours du week-end, l'événement prend toute son ampleur avec une série d'activités sous chapiteau, lectures, tables rondes, ateliers, ainsi qu'un hommage à Fernand Ouellette à la Maison de la culture du Plateau, samedi soir. La soirée de clôture, dimanche, tentera de donner toute la mesure de la vie poétique montréalaise en convoquant sur scène 30 poètes de générations et d'horizons différents, sous la gouverne du metteur en scène Alexis Martin.

Collaboratrice du Devoir