Passe-livre, de main d'inconnu en main d'inconnu

Des ouvrages sont lancés à la mer comme des bouteilles. L'Association des libraires du Québec, en cette année où Montréal est sacré capitale mondiale du livre, inaugurera aujourd'hui le projet Passe-livre. À la librairie Raffin de la Plaza Saint-Hubert, Michel Tremblay, Jean Barbe, Jean-François Beauchemin et Dany Laferrière libéreront un de leurs propres ouvrages ou un de ceux qui les ont marqués, avec dédicace en sus, pour le bénéfice d'un lecteur inconnu qui s'en départira plus tard.

Depuis trois ans, ce mouvement né aux États-Unis, qui consiste à abandonner de bons livres sur des bancs publics, dans des gares, n'importe où en fait, a pris de l'ampleur. Il a traversé l'Atlantique, prenant d'assaut bien des villes, de Paris à Naples, de Florence à Angers et de Brest à Albi. La liberté totale de cadre était charmante, mais un brin de contrôle s'imposait. En Italie, dans cette chaîne invisible de lecteurs, dite Passe-livre, des relais pour les passeurs ont fini par se fixer.

Chez nous aussi, les livres libérés trouveront place sur les présentoirs de libraires, et ce, dans tout le Québec. Une quarantaine de librairies seront mises à contribution et des activités diverses seront organisées pour inciter les Québécois à devenir les maillons de cette chaîne littéraire où le livre circule de main d'inconnu en main d'inconnu.