MCML: Le livre qui rassemble

À compter du 23 avril prochain, et ce, pour une année entière, Montréal devient capitale mondiale du livre. Une occasion sans précédent de donner au livre la place qui lui revient, selon le coprésident de l'événement, Denis Vaugeois.

L'idée de nommer une métropole d'importance «capitale mondiale du livre» pour une année est une initiative de l'UNESCO. Elle s'inscrit dans le prolongement de la Journée du livre et du droit d'auteur, aussi organisée par l'instance des Nations unies. Elle vise à souligner la contribution particulière d'une ville au développement et à la promotion de la culture littéraire, non seulement localement, mais aussi à plus grande échelle. Une définition qui colle parfaitement à la métropole québécoise, selon Denis Vaugeois. C'est que, explique-t-il, «non seulement Montréal est un important lieu de création et la ville compte sur un bon réseau de bibliothèques et de librairies, mais l'ouverture prochaine de la Grande Bibliothèque, installée en plein coeur de la ville, constitue un geste d'éclat en faveur du livre, de la lecture et de toute la culture d'apprentissage et d'ouverture qui les accompagne».

Amorcée en 2001, la tradition avait jusqu'à présent permis à Madrid (2001), Alexandrie (2002), New Delhi (2003) et Anvers (2004) d'être porteuses du titre. Proposée par l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), la candidature de Montréal a rapidement séduit les représentants de l'UNESCO. Ville majoritairement francophone arrimée en plein coeur du continent nord-américain, la métropole a en fait su attirer l'attention des jurys entre autres pour la qualité de la programmation, tant francophone qu'anglophone, qu'elle était en mesure de proposer. Une décision accueillie avec bonheur par les représentants de l'industrie québécoise du livre, selon le coprésident de l'événement, lui-même éditeur.

Objectifs rassembleurs

Difficile en effet de s'opposer aux orientations et objectifs poursuivis par l'événement. «Nos objectifs sont clairs, affirme Denis Vaugeois. Nous voulons faire partager le plaisir de lire au plus grand nombre de gens possible et accroître les habitudes de lecture, particulièrement celles des jeunes. L'exercice devrait aussi permettre de donner une vitrine nationale et internationale aux écrivains montréalais, québécois et canadiens, en plus d'encourager la création littéraire.»

Au strict plan politique, l'événement devrait aussi permettre à Montréal de confirmer sa position de pôle culturel d'importance en Amérique du Nord. En fait, l'administration municipale montréalaise croit au projet au point d'en être l'un des principaux partenaires publics. Indice d'un tel engagement, Denis Vaugeois partage la présidence de l'événement avec Francine Sénécal, vice-présidente du comité exécutif à la Ville de Montréal et responsable de la culture et du patrimoine. «Pour une ville comme Montréal, le fait de porter le titre de capitale mondiale du livre est une reconnaissance extraordinaire, mais c'est aussi une invitation à se dépasser, à aller plus loin», affirme à ce sujet le coprésident.

La Ville de Montréal compte d'ailleurs profiter de l'événement pour rendre public un document faisant l'état des lieux de son réseau de bibliothèques. Un réseau intéressant, mais nécessitant tout de même «un certain rattrapage», au dire même de la responsable de la culture et du patrimoine. Pour Denis Vaugeois, il s'agit là d'initiatives imposées par un événement comme «Montréal, capitale mondiale du livre».

Activités et partenariats diversifiés

Le débat public entourant le réseau de bibliothèques montréalais n'est pas le seul événement inscrit au calendrier des activités. L'ouverture de la Grande Bibliothèque et plusieurs expositions liées au livre ou à la lecture sont notamment prévues. Insuffisant? Denis Vaugeois, lui, juge que la programmation prévue est intéressante et suffisamment imposante. «Dès le départ, il n'était pas question pour nous de tirer dans toutes les directions. Nous avions davantage la préoccupation que la programmation s'échelonne sur un an et qu'elle soit ponctuée d'événements significatifs et intéressants, ce que nous sommes parvenus à faire. Évidemment, nous aurions pu en faire plus. Nous avons d'ailleurs eu plus de projets que ceux que nous avons retenus, mais il fallait aussi avoir les ressources financières pour les organiser. Nous sommes très satisfaits de ce qui est proposé. Les gens de tous les âges y trouveront quelque chose susceptible de les intéresser.»

Par-dessus tout, le coprésident se dit heureux de la diversité des partenaires engagés dans le projet. «Les médias ont beaucoup parlé de l'implication de Quebecor, c'est évidemment notre plus important partenaire privé, mais beaucoup d'autres organismes sont aussi associés aux événements. Des écoles, une centrale syndicale, la Société de transport de Montréal, tous nous ont proposé des projets qui ont été acceptés et qui seront organisés. C'est formidable, parce que c'est ce qui nous donne la certitude que des gens de partout seront rejoints. Ce qui est encore plus important, c'est que ces organismes se sont présentés d'eux-mêmes, sans que nous ayons demandé leur collaboration. C'est dire à quel point le livre est central dans la vie de beaucoup de gens.»