MCML: Bibliothèques montréalaises en devenir

Des ajustements seront nécessaires pour uniformiser et agrandir le réseau des bibliothèques montréalaises. À propos d'une intégration des systèmes et de potentielles constructions.

La nouvelle ville de Montréal compte des dizaines de bibliothèques, chacune possédant son propre horaire d'ouverture, offrant ses propres services particuliers et, surtout, exploitant son propre système informatique. Le projet d'uniformisation en cours est loin d'être achevé et plusieurs développements sont à prévoir dans les années à venir.

Ainsi, un nouveau système intégré de gestion documentaire sera bientôt implanté dans le réseau des bibliothèques de Montréal. Il s'agira d'une étape supplémentaire dans l'intégration des bibliothèques, à la suite de la fusion municipale de 2001. Les citoyens pourront ainsi avoir accès à l'ensemble des collections dans un seul catalogue; ils pourront emprunter et rendre des documents dans n'importe laquelle des bibliothèques tout en n'utilisant qu'une seule carte d'usager.

«Il y a un travail de mise à niveau et de réinvestissement qu'il est nécessaire d'effectuer dans nos bibliothèques», confirme Francine Sénécal, vice-présidente du comité exécutif et responsable de la culture et du patrimoine à la Ville de Montréal. «L'intégration des systèmes des bibliothèques constitue un premier pas important afin de se hisser dans le peloton de tête des villes du savoir.»

Le logiciel sélectionné, Millenium, est déjà utilisé par 6000 bibliothèques dans 42 pays et permettra le partage des informations entre l'ensemble des bibliothèques montréalaises et la Grande Bibliothèque (GB), tel que spécifié dans le contrat de ville et l'entente-cadre signée avec le ministère de la Culture et des Communications.

Le budget pour l'ensemble du projet représente un investissement de 5,4 millions de dollars. L'ensemble de l'opération se fera par étapes sur une période de cinq ans. Actuellement, huit systèmes de gestion documentaire provenant de fournisseurs différents sont exploités par les bibliothèques, sans réel partage d'informations. De plus, un citoyen doit détenir pas moins de 23 cartes d'abonné pour avoir accès à l'ensemble des services offerts à travers le réseau sur l'île.

Si la Ville admet dans son plan de développement culturel que le réseau présente d'importantes disparités au titre des collections, des heures d'ouverture et des services disponibles, Mme Sénécal confirme qu'un plan de relance des bibliothèques montréalaises fait en ce moment l'objet de discussions entre la Ville et le ministère de la Culture et des Communications du Québec. Les détails de ce plan seront rendus publics sous peu. Pour l'instant, les deux instances en seraient à poser le diagnostic à la suite du portrait de la situation qui a été établi.

Des investissements à la bibliothèque du Plateau-Mont-Royal

Par ailleurs, la fermeture de la Bibliothèque centrale plus tôt cette année, au profit de la Grande Bibliothèque, laisse présager un changement dans les habitudes de fréquentation des citoyens du Plateau-Mont-Royal. En effet, 35 % des utilisateurs de la Bibliothèque centrale provenaient de ce quartier. C'est une situation que la mairesse de l'arrondissement, Helen Fotopulos, surveille de près. «Où iront les gens? Vont-ils descendre la côte pour se rendre à la GB? Cela serait merveilleux mais, comme on le sait, lance-t-elle, sourire en coin, le Plateau porte bien son nom, il a l'avantage d'être plat, ce qui fait qu'on n'a pas besoin de descendre et de monter.»

Le déplacement probable des utilisateurs de la Bibliothèque centrale vers les deux autres bibliothèques de l'arrondissement — celles du Plateau-Mont-Royal et du Mile-End — est une problématique prioritaire pour Mme Fotopulos. Déjà qu'avant la fermeture de la Bibliothèque centrale, celle du Plateau-Mont-Royal était la troisième bibliothèque montréalaise en fait d'achalandage.

«La bibliothèque est dépassée en raison de son installation physique. Nous travaillons sur un nouveau projet avec différents partenaires socioculturels et communautaires pour doter le Plateau d'une nouvelle bibliothèque-maison de la culture dans ce périmètre-là. On tient à s'installer près du métro pour continuer à être aussi accessible.» Helen Fotopulos considère que la construction de la GB est bénéfique pour le positionnement de Montréal en tant que capitale mondiale du livre, mais elle insiste sur le fait que la bibliothèque du Plateau-Mont-Royal doit répondre à des critères de base en matière d'accessibilité. «Il faut que les gens aient assez de place pour s'asseoir, c'est un minimum! C'est le temps de trouver une solution: agrandir ou déménager.»

La mairesse explore aussi la possibilité d'ouvrir une troisième bibliothèque dans l'est du quartier. «On étudie les possibilités avec l'archevêché. Certaines églises qui seront excédentaires pourraient abriter une troisième bibliothèque, c'est quelque chose que l'on surveille. La fermeture de la Bibliothèque centrale nous amène à évaluer les besoins. Une chose est sûre, il y aura du mouvement.»