Félixe et la maison qui marchait la nuit

Depuis un moment, la maison de Félixe a la bougeotte. Montagne, ville ou campagne, le décor change tous les matins. Seul mouvement dans la vie tristounette de Félixe jusqu’à ce que Mi, Prune Diane et Bébé viennent cogner à sa porte. Première bande dessinée pour Sophie Bédard, Félixe et la maison qui marchait la nuit est une ode à l’amitié dans laquelle l’autrice et illustratrice parvient à raconter l’absence et le deuil avec une douceur et une sensibilité rares. L’arrivée de chacun des personnages ponctue le quotidien de Félixe et participe à son embellie. Si le texte happe par l’exactitude des émotions mises en scène, par des dialogues authentiques peuplés de silences nécessaires, l’indice de « mignonnerie » atteint des sommets dans l’illustration. Que ce soit Mi, le chat tout riquiqui, roulé en boule sur l’immense lit de Félixe, ou Prune, l’oiseau qui tend sa patte pour saluer, ou encore Bébé, petite tornade affamée — qui, une fois repue, s’endort face contre terre —, chaque case est habitée par ces personnages expressifs et si attachants que l’on voudrait les avoir dans notre maison. Plus que fameux.

Félixe et la maison qui marchait la nuit

★★★★ 1/2

Sophie Bédard, La ville brûle, Montreuil, 2022, 110 pages. 8 ans et plus.

À voir en vidéo