Claudie Hunzinger remporte le prix Femina pour «Un chien à ma table»

La romancière Claudie Hunzinger, photographiée après la remise du prix Femina
Stéphane de Sakutin Agence France-Presse La romancière Claudie Hunzinger, photographiée après la remise du prix Femina

L’artiste et romancière française Claudie Hunzinger a remporté lundi le prix Femina du roman français avec Un chien à ma table.

Réuni au musée Carnavalet à Paris, le jury exclusivement féminin a choisi sa lauréate au premier tour, par six voix contre trois à Grégoire Bouillier, pour Le coeur ne cède pas, enquête sur un fait divers des années 1980, la mort d’une femme qui avait arrêté de se nourrir.

Un chien à ma table, des éditions Grasset, raconte comment l’arrivée d’une jeune chienne va changer la vie d’un jeune couple au fin fond des Vosges, dans l’est de la France.

Claudie Hunzinger, 82 ans, également artiste plasticienne, avait remporté en 2019 le prix Décembre avec son précédent roman, Les grands cerfs.

« C’est une reconnaissance d’un jury magnifique », a-t-elle dit à la presse.

« Ce chien vient se mettre à l’abri dans cette maison, et sa venue va créer un compagnonnage, une très forte amitié, pour ne pas dire un amour […] C’est le petit chien domestique qui va être un grand humaniste, et qui ne va pas lâcher la femme avant qu’elle n’ait sauvé quelque chose de l’humanité », a-t-elle raconté.

Le prix Femina du roman étranger est allé à la Britannique Rachel Cusk pour La dépendance (Gallimard). Cette fiction raconte un huis clos entre trois couples gagnés par l’orgueil.

Le prix Femina de l’essai a été attribué à l’historienne Annette Wieviorka pour Tombeaux, autobiographie de ma famille (Seuil).

Cette spécialiste de la Shoah explore son ascendance ashkénaze et le destin tragique de juifs polonais arrivés en France il y a un siècle.

 

« C’est en quelque sorte un accomplissement de tout le travail que j’ai fait avant, qui m’a permis, je l’espère, de restituer ce qu’a été leur vie, leur destin, en essayant de me mettre à côté d’eux », a-t-elle expliqué à l’Agence France-Presse.

Un prix spécial a été remis pour l’ensemble de son oeuvre au Franco-Polonais Krzysztof Pomian, auteur d’une somme en trois volumes, Le musée, une histoire mondiale (Gallimard).

La présidente du jury, Évelyne Bloch-Dano, a salué la qualité des livres publiés par des femmes en cette rentrée 2022. « On est sensible, au Femina, à l’écriture. Ce style poétique, ce lyrisme, c’est ce qu’on a aimé », a-t-elle dit en évoquant les romans de Claudie Hunzinger et de Rachel Cusk.

Deux derniers grands prix littéraires d’automne restent à remettre : le Médicis mardi et l’Interallié mercredi.

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