Les ventes de livres numériques demeurent élevées

La pandémie a forcé de nombreux lecteurs à se tourner vers les ouvrages numériques puisque les librairies étaient fermées.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir La pandémie a forcé de nombreux lecteurs à se tourner vers les ouvrages numériques puisque les librairies étaient fermées.

Après avoir atteint des sommets lors de la première année de la pandémie, les ventes de livres numériques ont radicalement baissé l’an dernier, mais elles demeurent largement supérieures à celles de 2019.

Quelque 425 000 livres numériques ont été vendus en 2021 au Québec, une hausse de près de 28 % par rapport à l’année qui a précédé la pandémie. Certes, il s’agit d’une baisse de près de 39 % par rapport au record de l’année précédente, mais 2020 était un cas unique, puisque les bibliothèques et les librairies ont été fermées lors des confinements successifs qui ont marqué l’année.

Le distributeur De Marque, qui a compilé ces données, croit au contraire que le livre numérique s’est ancré dans les habitudes des lecteurs grâce à la pandémie. Tout un revirement, puisque les ventes stagnaient depuis 2013 et que le lecteur moyen semblait être très attaché au papier.

« Il y a beaucoup de gens pour qui l’utilisation du livre numérique représentait un mystère avant la pandémie. Ils trouvaient que ça avait l’air compliqué et hésitaient à l’essayer. Mais durant la pandémie, il y a eu une initiation, et les gens ont bien vu que c’était plus simple que ce que ça avait l’air. On pense qu’une habitude s’est créée », ajoute Mathieu Thériault, le directeur marketing de De Marque.

Cela dit, le regain de popularité du livre numérique ne s’est pas fait au détriment du papier. Les ventes de livres traditionnels en librairie ont bondi de 16 % en 2021. Il s’agit de voir maintenant si la popularité du livre numérique se maintiendra en 2022, avec le retour à la normale.

À l’heure actuelle, les deux tiers des revenus tirés des ventes de livres numériques proviennent d’acheteurs individuels. Le tiers des ventes, environ, sont attribuables aux bibliothèques. Les oeuvres de fiction pour adultes dominent les ventes numériques. « Il est toutefois intéressant de constater que, dans le marché institutionnel, la [littérature] jeunesse et la non-fiction représentent une part de marché plus significative. De son côté, la bande dessinée (hors jeunesse) représente une part très marginale des ventes dans les deux marchés », spécifie De Marque par courriel.

Le livre audio en croissance

 

Le distributeur De Marque se réjouit aussi des ventes de livres audio au Québec l’an passé. Pourtant, moins de livres audio ont trouvé preneur dans le grand public en 2021 ; la baisse avoisine les 20 % à ce chapitre. Pendant ce temps, cependant, les bibliothèques ont continué d’enrichir leur offre. Les « ventes institutionnelles » ont grimpé de 38 % entre 2020 et 2021 ; elles représentaient plus de 60 % des revenus tirés des ventes de livres numériques l’année dernière.

Faut-il s’inquiéter de cette tendance dans le milieu littéraire ? À quoi bon lire alors que le livre audio continue de gagner du terrain ? « Personne ne peut dire que le livre audio va prendre la place du livre papier. Ce n’est pas, en tout cas, ce qu’on remarque. Les gens qui se tournent vers le livre audio aiment déjà la littérature, et le livre audio permet un autre usage. Par exemple, il permet d’écouter un livre en voiture dans le trafic ou en travaillant. On le fait déjà avec la musique, pourquoi pas avec le livre ? » avance Mathieu Thériault.

À noter que les ouvrages religieux et les livres de spiritualité et de croissance personnelle comptent pour une part importante des livres audio qui trouvent preneur au Québec.

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