«Mes débuts dans l'éternité», Gilles Archambault

Photo: Boréal

« S’il y a un étonnement que je ressens à la fin d’une vie qui fut longue, c’est celui de n’avoir jamais trouvé une signification à l’existence », confie le narrateur d’« Une petite promenade », première des 30 brèves nouvelles de ce recueil crépusculaire de Gilles Archambault, 89 ans. Dixième au palmarès des livres les plus vendus lors de la journée Le 12 août j’achète un livre québécois, Mes débuts dans l’éternité place le lecteur devant sa propre finalité. Sénescence, poids de la solitude, souvenirs d’amours déçues ou défuntes, regrets d’une vie futile ou d’une carrière ratée : voilà le lot des personnages, masculins et féminins, esquissés en quelques traits justes et précis. Certes, le programme n’est pas joyeux ni très novateur, l’auteur d’une quarantaine de livres revisitant ses thèmes chers, mais il a le mérite d’être d’une redoutable lucidité. Et au fil de ces portraits tour à tour pathétiques, mélancoliques et lugubres transparaissent l’humour fin et l’irrésistible sens de l’autodérision du vénérable écrivain.

 

Mes débuts dans l’éternité

★★★ 1/2

Gilles Archambault, Boréal, Montréal, 2022, 138 pages

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