Des «Monuments» qui traversent territoires et émotions

La symbiose parfaite entre iconographie et écriture s’impose, les images portant leur part d’ombre de la même manière que les hésitations des poèmes.
Photo: Le Noroît La symbiose parfaite entre iconographie et écriture s’impose, les images portant leur part d’ombre de la même manière que les hésitations des poèmes.

Superbe livre intelligemment monté qui traverse des territoires et des émotions. Les textes de Vanessa Bell, d’abord chiffrés de 1 à 8, ensuite titrés de « a » à « h », sont d’une très grande densité, sous une forme brisée, tant leur sens est ouvert. Cette répartition n’est pas arbitraire puisque la première série de textes, imprimée en blanc sur fond noir, suit le rythme des toujours très belles photographies souvent en noir et blanc. Suivra la seconde partie des textes imprimés noir sur blanc, accompagnant des photos, cette fois couleur, de Kéven Tremblay. Ce passage de la nuit au jour, d’une noirceur insidieuse à une clarté de la vision, est fort réussi. Au texte « c », Vanessa Bell déclare : « cueillir comme écrire comme mourir est un acte d’amour et aimer nous arrache par-delà les roches ». La symbiose parfaite entre iconographie et écriture s’impose, les images portant leur part d’ombre de la même manière que les hésitations des poèmes. Soulignons aussi la beauté de ce livre soigné par les éditrices.

 

Monuments

★★★★

Vanessa Bell, avec des photographies de Kéven Tremblay, Le Noroît, Montréal, 2022,

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