Homo Confort

Rien n’est encore perdu, clame toutefois Boni, qui égraine au fil des chapitres un nombre de solutions pratiques.
Photo: L’Échappée Rien n’est encore perdu, clame toutefois Boni, qui égraine au fil des chapitres un nombre de solutions pratiques.

L’anthropologue italien Stefano Boni indique en introduction de son essai stimulant que notre quête effrénée d’une existence douillette et sans effort contribue à notre propre aliénation. « La recherche d’un mode de vie débarrassé de toute forme de contrainte ou de fatigue est devenue un idéal absolu », note-t-il dans son ouvrage, qui met en lumière les conséquences désastreuses d’un quotidien de plus en plus dépendant des technologies. La perte d’autonomie au profit des machines et des outils hyperconnectés a des conséquences graves et multiples, explique l’essayiste, y compris dans la relation que l’homme entretient avec la nature, dont la représentation lui est de plus en plus imaginaire. On comprend mieux pourquoi les sociétés, ainsi éloignées et déconnectées du vivant, ont tant de mal à réagir face à la destruction des écosystèmes. Rien n’est encore perdu, clame toutefois Boni, qui égraine au fil des chapitres un nombre de solutions pratiques. Mais sommes-nous prêts à sacrifier quelques parcelles de notre confort pour retrouver de notre humanité ?

 

Homo confort

★★★★

Stefano Boni, L’Échappée, Paris, 2022, 272 pages

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