«La chambre du fils»: une affaire délicate

Le livre de Jørn Lier Horst, une enquête de l’inspecteur Wisting, est une remarquable investigation policière.
Photo: Anton Soggiu Le livre de Jørn Lier Horst, une enquête de l’inspecteur Wisting, est une remarquable investigation policière.

Certaines situations sont, disons, plus délicates que d’autres. Comme ici dans La chambre du fils, quand on découvre plus de 10 millions de dollars en petites coupures dans le chalet d’un ancien ministre de la Santé qui vient de décéder subitement.

La découverte amène du moins le procureur général de Norvège à confier une mission prioritaire à l’inspecteur Wisting : découvrir d’où vient cet argent et mettre au jour le lien entre le disparu et le trésor caché.

Le temps de récupérer discrètement les billets, de les placer en lieu sûr et de trouver leur provenance… le chalet isolé au bord d’un lac est complètement détruit par un incendie criminel. Rapidement, Wisting met sur pied une équipe spéciale, dont fait partie sa fille Line, journaliste d’enquête — que l’on a déjà vue à l’oeuvre dans Le code de Katharina.

Synchronicité

 

L’improbable petit groupe élimine d’abord de la liste des suspects le parti politique puis le syndicat où militait l’ex-ministre ; ses responsables ont eux-mêmes alerté le procureur après avoir trouvé l’argent le jour même du décès.

On réussit toutefois à identifier la provenance du magot — un braquage jamais résolu —, mais rien qui puisse impliquer le ministre décédé d’un arrêt cardiaque.

En creusant autour de ce que l’on a pu reconstituer du cambriolage, un élément nouveau apparaît : une disparition toujours inexpliquée survenue le même jour dans la région. La synchronicité de ces deux affaires non résolues survenues au même moment, dans un même périmètre, met la puce à l’oreille de Wisting.

En parallèle, des membres de l’équipe se mettent à fouiller méthodiquement la carrière puis la vie du ministre. L’ancien syndicaliste ne l’a jamais eu facile : sa femme est morte d’une maladie rare quand il dirigeait le ministère de la Santé puis son fils a été tué dans un accident de moto. Or, c’est dans la chambre de ce dernier (d’où le titre) que l’argent était caché dans neuf boîtes de carton ; c’est en se penchant sur lui et sur la maladie congénitale de sa mère que les enquêteurs découvrent de premiers éléments de solution.

Au quart de tour

 

On ne vous en dira pas plus sinon que, comme à l’habitude, cette enquête de l’inspecteur Wisting est une remarquable investigation policière, méthodique et intelligente, comme on en voit trop peu.

Efficace et bien huilée, l’écriture de Horst, minutieusement rendue par la traduction d’Aude Pasquier, s’appuie sur une galerie de personnages crédibles et résolus, même du côté des « méchants ».

Il y a bien ce petit détail agaçant et peu probable d’une journaliste d’enquête, même efficace, faisant partie d’une unité policière d’élite… mais c’est tout ; tout le reste est absolument impeccable et roule au quart de tour.

La chambre du fils

★★★ 1/2

Jørn Lier Horst,

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