Beau livre - Une initiation au périple de Lewis et Clark

L'Amérique a célébré cette année le bicentenaire de l'expédition Lewis et Clark, qui relia d'est en ouest les États-Unis à travers des terres que les Blancs n'avaient jamais foulées, changeant ainsi la face du pays. Le président Thomas Jefferson avait délégué en 1804 ces deux capitaines et leurs hommes non seulement pour explorer le territoire mais également pour prendre des notes sur les mode de vie des autochtones, la faune, la flore, la géographie, etc. Jamais expédition ne fut plus documentée. Aux États-Unis, elle est devenue culte. Les journaux (condensés) de Lewis et Clark, passionnants, sont d'ailleurs publiés en deux tomes chez Phoebus.

Plusieurs de leurs admirateurs refont en pèlerinage la trajectoire de Lewis et Clark... dans des conditions moins précaires que les leurs.

C'est le cas de la Française Françoise Perriot, auteur de plusieurs ouvrages sur les Indiens d'Amérique, qui vient de publier Sur les routes de l'Ouest, bel ouvrage largement illustré. Après avoir suivi la piste des découvreurs avec son fils, une amie amérindienne et un chien labrador, elle entremêle son propre journal de voyage à des passages de ceux de Lewis et Clark, compare, commente. À l'instar de plusieurs de ses compatriotes, elle ne saisit pas vraiment que les nombreux Frenchmen de l'expédition étaient des Québécois, ou métis d'Indiens et de Québécois, plutôt que des Français de la Louisiane. Mais elle fait une large place à la femme indienne, Sacajawea (épouse du Québécois Toussaint Charbonneau), qui les accompagna sans se plaindre, accoucha à bord, traversa les montagnes, guida les voyageurs à travers les contrées de son enfance.

Parfois, les réflexions de Françoise Perriot paraissent un brin naïves: «Enfiler des vêtements de vent, chausser des bottes de sept lieues et partir. Franchir, le temps d'un mauvais film et de deux repas congelés, l'intervalle d'un océan et de la moitié d'un continent, pour enfin toucher l'essentiel: devenir voyageur. S'éveiller.»

Mais l'ouvrage, très beau, regorge de photos récentes et anciennes, de dessins, de plans. Et il constitue une excellente initiation au périple de Lewis et Clark, qui s'est déroulé entre 1804 et 1806 au milieu des dangers les plus fous: tribus parfois inamicales (avec raison), grizzlis, famine, moustiques, portages. Les mésaventures les plus inouïes furent le lot de ces intrépides, et ce livre en ressuscite l'esprit avec un enthousiasme candide et contagieux.