L'écrivain-animateur Stanley Péan prend la tête de l'UNEQ

Stanley Péan est le nouveau président de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois.
Photo: Jacques Grenier Stanley Péan est le nouveau président de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois.

Stanley Péan prend la relève de Bruno Roy à la tête de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois. M. Péan a été élu à la présidence de l'UNEQ pour un mandat de deux ans lors de la 27e séance annuelle de l'association professionnelle, tenue samedi dernier, au Centre Saint-Pierre, à Montréal. Bruno Roy aura dirigé l'Union pendant 14 ans.

Les élections ont partiellement renouvelé le conseil directeur: Serge Lamothe devient vice-président et François Jobin administrateur, tandis que Guy Marchand est réélu comme administrateur, représentant des régions. Deux autres membres poursuivent leur mandat amorcé l'an dernier, soit Réjane Bougé (secrétaire-trésorière) et Paulette-Michelle Hétu (administratrice).

Né à Port-au-Prince, élevé à Jonquière, Stanley Péan partage sa vie entre Québec et Montréal, la littérature et la radio, la nouvelle et le roman, la littérature générale et la littérature pour la jeunesse. Il a publié une quinzaine d'ouvrages, dont le roman policier Zombi Blues (La courte échelle, 1996; J'ai lu, 1999) et l'essai Toute la ville en jazz (Trait d'union, 1999). Il est à la barre d'une émission consacrée au jazz tous les jours de la semaine, de 12h à 13h, sur Espace Musique.

«J'ai passé l'hiver dernier à travailler au sein du Mouvement pour les arts et les lettres, explique Stanley Péan, joint hier au bureau de sa publication trimestrielle Le Libraire, à Québec. J'ai mieux compris les préoccupations partagées par les écrivains avec les autres artistes québécois, notamment en rapport au filet de sécurité sociale et au financement public des arts et des lettres. Je m'intéresse aussi depuis des années aux questions plus spécifiques à la littérature, notamment dans mes chroniques et par l'entremise du Libraire. Des gens me demandaient donc d'accepter la présidence de l'UNEQ. Je me suis laissé convaincre, et voilà.»

Il n'a pas été élu sur la base d'un programme spécifique, ce qui ne l'empêche pas d'avoir en vue quelques grands sujets de bataille, en rapport aux sujets généraux du filet de sécurité et du financement de la culture, mais aussi à des aspects plus spécifiquement littéraires. Il mentionne, par exemple, la question du contrat-type que l'association des auteurs souhaite négocier avec l'ANEL, association des éditeurs. Il parle également de la présence apparemment moins importante de la littérature québécoise dans les librairies des grandes chaînes.

«La littérature, ce sont les hommes et les femmes qui la font», dit le nouveau président quand on le questionne sur l'apparence de corporatisme découlant de cet agenda de combat. «S'il y a un empêchement de la faire, de la vendre ou de la promouvoir, la littérature elle-même est menacée.»

De même, il corrige l'impression d'abondance et de richesse créée par les statistiques officielles. Selon des données publiées plus tôt cette année, les revenus annuels des écrivains québécois, comme ceux des réalisateurs et des metteurs en scène, passent la barre des 51 000 $, par rapport à 37 700 $ pour tous les artistes professionnels et 28 708 $ pour le contribuable ordinaire.

«Ce chiffre de 51 000 $ comprend tous les revenus confondus, découlant du travail de professeur ou de journaliste, réplique Stanley Péan. Plus je gagne ma vie, moins j'écris. Le temps passé à enseigner, c'est du temps de moins pour écrire un roman.»

L'Union des écrivaines et des écrivains québécois est un syndicat professionnel fondé le 21 mars 1977 par une cinquantaine d'écrivains. L'UNEQ regroupe maintenant plus de 1200 membres: des poètes, des romanciers, des auteurs dramatiques, des essayistes, des auteurs pour jeunes publics, des auteurs d'ouvrages scientifiques et pratiques. L'Union travaille à la promotion et à la diffusion de la littérature québécoise, au Québec, au Canada et à l'étranger, de même qu'à la défense des droits socio-économiques des écrivains.