Caroline Dawson remporte le 19e Prix littéraire des collégiens

«Je suis sincèrement émue et reconnaissante qu’au terme de tout ce magnifique processus, iels aient choisi un livre écrit par une réfugiée qui raconte son histoire», a fait savoir Caroline Dawson par voie de communiqué du RIASQ.
Photo: Adil Boukind Le Devoir «Je suis sincèrement émue et reconnaissante qu’au terme de tout ce magnifique processus, iels aient choisi un livre écrit par une réfugiée qui raconte son histoire», a fait savoir Caroline Dawson par voie de communiqué du RIASQ.

Après une édition 100 % covidienne l’an dernier, le 19e Prix littéraire des collégiens a retrouvé un semblant de normalité. Jeudi soir, au Château Laurier, les 62 collégiens et collégiennes élus pour former le jury national parmi les 839 élèves des collèges et cégeps participants se sont réunis pour la délibération finale. Le titre gagnant a été annoncé vendredi après-midi, lors d’une cérémonie animée par Valérie Chevalier au Salon international du livre de Québec. Accompagné de la bourse Bourgie-Lemieux d’une valeur de 5000 $, le Prix littéraire des collégiens, présenté par Québecor, a été attribué à Là où je me terre, de Caroline Dawson (Remue-ménage).

« Ce prix en est un magnifique, puisqu’il suppose que des centaines de jeunes adultes de tous les coins du Québec se rassemblent, se retrouvent, s’entendent. Dans les moments sombres du vivre-ensemble, c’est toujours vers eux et elles que je me suis tournée : on sait y discuter et poser les questions les plus intelligentes mais de façon sensible. Iels ont fait ce qu’on devrait toujours se forcer à faire avec la même fougue : lire, écouter, penser, analyser, débattre. Je suis sincèrement émue et reconnaissante qu’au terme de tout ce magnifique processus, iels aient choisi un livre écrit par une réfugiée qui raconte son histoire », a indiqué l’autrice par voie de communiqué du RIASQ (Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec).

Rappelons que les quatre autres romans sélectionnés étaient Valide, de Chris Bergeron (XYZ), Mukbang, de Fanie Demeule (Tête première), Mille secrets mille dangers, d’Alain Farah (Le Quartanier), et Tout est ori, de Paul Serge Forest (VLB éditeur).

Éveil littéraire

 

Joints par téléphone avant la cérémonie, Mégane Jacques et Xavier Douville, deux passionnés de littérature de 18 ans participant pour la première fois au Prix littéraire des collégiens, ont bien voulu faire part de leurs impressions au Devoir.

« Ce qui est revenu dans nos échanges, dévoile l’étudiante en sciences santé au collège Laflèche, c’est que Là où je me terre, que [Caroline Dawson] avait un peu écrit pour sa mère, est probablement le livre le plus universel et le plus accessible. C’était facile pour nous de discuter de cette œuvre-là avec nos familles, peu importe le niveau d’éducation, l’histoire qu’on a vécue en groupe, en société. C’était vraiment agréable de pouvoir trouver un point commun, mais de le voir d’une autre façon, de son point de vue à elle. »

« C’est un livre qui a éveillé les consciences, révèle l’étudiant en arts, lettres et communications, option multimédia, au cégep régional de Lanaudière, à L’Assomption. Il y a des gens qui en sont restés marqués, qui ont changé leur attitude face aux communautés immigrantes. Je remarque d’ailleurs que, dans les cinq romans, il y a un désir de sensibiliser sur différents sujets. Par exemple, dans Là où je me terre, c’est sur l’immigration et la condition de la femme, dans Mukbang, c’est sur la cyberdépendance. »

Ayant savouré, malgré les contraintes sanitaires, l’effervescence et la convivialité des échanges entre les élèves de leur classe et des autres cégeps, tous deux concluent que l’expérience a été pour eux un éveil littéraire.

« J’ai été exposé à des œuvres qui m’ont chamboulé, qui m’ont fait voir de nouvelles réalités et qui m’ont ouvert des horizons sur des pans très larges de la littérature », affirme Xavier Douville.

« Avant le Prix littéraire, j’étais une lectrice qui s’arrêtait à chaque détail, qui appréciait les longues descriptions pour saisir toutes les petites subtilités. Les œuvres m’ont appris qu’au-delà de ces détails, de la recherche et du travail, il y a aussi un tout cohérent qu’il faut réussir à voir afin d’intérioriser cette expérience-là », confie Mégane Jacques.

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