Le livre «Qui a trahi Anne Frank?» retiré par un éditeur néerlandais

Selon le rapport des experts présenté mardi, l’enquête sur laquelle se base «Qui a trahi Anne Frank?» repose uniquement sur des hypothèses et des interprétations erronées des sources.
Associated Press Selon le rapport des experts présenté mardi, l’enquête sur laquelle se base «Qui a trahi Anne Frank?» repose uniquement sur des hypothèses et des interprétations erronées des sources.

Une maison d’édition néerlandaise a annoncé avoir retiré de la vente un livre affirmant qu’Anne Frank aurait été trahie par un notaire juif. Il se basait sur une enquête controversée, qualifiée d’amateuriste par des historiens.

Un groupe de six experts a présenté mardi soir un rapport à Amsterdam contestant les résultats de cette enquête, déjà vivement critiquée depuis la présentation de ses conclusions en janvier.

« Sur la base des conclusions du rapport, nous avons décidé que le livre n’est plus disponible avec effet immédiat », a déclaré l’éditeur Ambo Anthos dans un communiqué, appelant les libraires à renvoyer les exemplaires en stock.

« Nous tenons à présenter une fois de plus nos sincères excuses à ceux qui ont été offensés par le contenu du livre », a-t-il ajouté.

Le livre Qui a trahi Anne Frank ?, de l’autrice canadienne Rosemary Sullivan, explique comment le notaire juif Arnold van den Bergh aurait révélé la cachette d’Anne Frank en 1944 à Amsterdam.

Interprétations erronées

 

Selon le rapport des experts présenté mardi, l’enquête se basait uniquement sur des hypothèses et des interprétations erronées des sources.

Anne Frank est connue pour son journal intime rédigé entre 1942 et 1944 alors qu’elle et sa famille se cachaient dans un appartement clandestin à Amsterdam. Arrêtée en 1944, elle est morte l’année suivante, à l’âge de 15 ans, dans le camp de concentration de Bergen-Belsen.

Le livre sur la célèbre jeune écrivaine juive était censé mettre fin à un mystère de la Deuxième Guerre mondiale, mais il s’est rapidement retrouvé au cœur d’une controverse.

L’ouvrage, qui affirme que l’adolescente allemande a très probablement été trahie par le notaire juif pour sauver sa propre famille, a suscité une tempête médiatique internationale depuis sa parution.

Le directeur du Conseil central juif des Pays-Bas (CJO) avait notamment jugé les résultats de l’enquête — dirigée pendant six ans par l’ex-agent du FBI Vincent Pankoke — « extrêmement spéculatifs et sensationnalistes ».

Le livre avait fait l’effet d’une bombe aux Pays-Bas, toujours hantés par la culpabilité de la déportation de plus de 100 000 Juifs.

La maison d’édition du livre aux Pays-Bas, Ambo Anthos, s’était déjà excusée pour ne pas avoir adopté une position plus critique et avait reporté les tirages supplémentaires.

L’éditeur américain HarperCollins n’a pas encore répondu à l’appel lancé par la petite-fille du notaire pour arrêter la vente à l’international, selon des médias locaux.

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