«One Piece», l’éternel manga

Conçu, scénarisé et dessiné par le mangaka Eiichirō Oda, «One Piece» se décline aussi en un dessin animé depuis 1999.
Photo: Joel Saget Agence France-Presse Conçu, scénarisé et dessiné par le mangaka Eiichirō Oda, «One Piece» se décline aussi en un dessin animé depuis 1999.

Publiée sous forme de feuilleton, la série manga japonaise One Piece célébrait, le 8 décembre, la parution de son centième tome. Publiée depuis 1997, cette immensément populaire série raconte l’histoire d’un adolescent pirate au chapeau de paille enrubanné de rouge, Monkey D. Luffy, qui est à la recherche d’un bien mystérieux trésor, le One Piece.

Conçu, scénarisé et dessiné par le mangaka Eiichirō Oda, One Piece se décline aussi en un dessin animé depuis 1999 ; plus de 1000 épisodes ont été produits.

Oda, né en 1975 (si on fait le calcul, cela signifie qu’il a commencé à travailler sur son manga à l’âge de 22 ans), est l’un des auteurs du genre les plus connus au Japon et dans le monde, près de 500 millions de lecteurs répartis partout sur la planète s’étant procuré l’un de ses albums.

One Piece pourrait même détrôner Harry Potter, qui détient toujours la première place en ce qui concerne le nombre d’exemplaires vendus.

Valérie Harvey, sociologue spécialiste du Japon, nous aide à mieux cerner ce phénomène littéraire. « Ce qui est intéressant avec One Piece, c’est que ça fait partie de ce qui est le plus vendu au Japon : le shōnen. C’est une catégorie de mangas qui s’adresse, parce qu’il y a des catégories bien genrées, aux gars ados. Pour les filles, il y a les shojo, mais généralement, elles préfèrent lire aussi les shōnen, surtout les lectrices de l’extérieur du Japon, parce que les shojo, ce sont des histoires qui finissent par être très répétitives. Mais l’inverse n’est pas vrai, les garçons ne lisent pas beaucoup de shojo. »

Cette série, est-elle vraiment exceptionnelle ou en existe-t-il beaucoup comme ça, au Japon ? « Des mangas qui ont cette durabilité, il n’y en a pas tant. En fait, c’est surtout le fait qu’il n’y a pas beaucoup de séries qui sont traduites en français ou même en anglais, ce qui fait qu’on n’en connaît pas beaucoup d’autres. Il y a quand même quelques séries qui durent depuis longtemps, particulièrement lorsqu’il est question de mangas pour enfants. En fait, il y en a même qui sont plus vieilles. Crayon Shin-chan, par exemple, existe sous différentes formes depuis 1990. »

Comment One Piece est-il reçu au Japon ? Est-ce qu’on a adapté une série qui correspondait à nos standards alors que c’est considéré comme étant ordinaire là-bas ? « Non ! Au Japon, c’est considéré comme une série très importante. En fait, si c’est rendu ici, c’est que c’était un grand succès là-bas. On a plutôt tendance à traduire la crème, mais cela ne veut pas dire qu’on n’y publie pas de navets quand même. Les mangas sont publiés, originalement, en feuilleton dans des magazines imprimés sur du papier journal, avant d’être transformés en album. Les lecteurs votent pour conserver les séries qu’ils aiment et les autres sont abandonnées. Donc, si ça dure, c’est que c’est apprécié ! »

En tout cas, une chose est certaine : si vous cherchiez de la lecture pour passer le temps à la maison au cours des prochaines semaines, il y a là de quoi vous occuper quelques heures !

Au Japon, [One Piece] est considéré comme une série très importante. En fait, si c’est rendu ici, c’est que c’était un grand succès là-bas. On a plutôt tendance à traduire la crème, mais cela ne veut pas dire qu’on n’y publie pas de navets quand même.

Goldorak, go !

Goldorak, c’est un dessin animé de 74 épisodes diffusés généralement le samedi matin, qui a marqué toute une génération ayant grandi au début des années 1980.

Extrêmement populaire à l’extérieur du Japon, la série avait reçu, là-bas, un accueil plutôt tiède avec, comme résultante, qu’elle n’a jamais été revue, rareté qui a contribué grandement au regard nostalgique que plusieurs portent sur elle.

Voilà l’une des raisons ayant mené cinq auteurs français de bande dessinée à fomenter le projet de demander au créateur original de Goldorak, Gô Nagai, la permission de revisiter le robot géant, le temps d’un album.

Le résultat n’est pas mal du tout, alors que l’on y retrouve un Actarus aux airs d’un Jim Morrison en fin de vie, un peu déprimé, qui doit reprendre du service 10 ans après son départ de la Terre, après avoir vaincu les forces de Véga. La nostalgie est bien dosée, on retrouve tous les personnages originaux, et on réussit même à y insérer le thème de la migration. Pas mal.

Vivre avec soi-même

 

L’artiste multidisciplinaire et auteur Walter Scott nous présente un troisième album mettant en vedette Wendy, une jeune artiste en arts visuels constamment en quête de soi alors que, cette fois-ci, elle est admise au programme de maîtrise ès arts de l’Université de l’Enfer, située quelque part dans le fond de l’Ontario. C’est drôlement bien écrit et Scott réussit à mettre le doigt, avec humour, sur toutes les angoisses que peut vivre une jeune artiste…

Bêtes pas bêtes

 

Avec Singes, l’auteur français Aurel nous offre une surprenante réflexion sur notre relation aussi philosophique qu’anthropologique sur la relation entre l’humain, qui cherche constamment à se défaire de sa part animale, et le singe, de qui nous ne descendons pas vraiment, contrairement à la croyance populaire. Amusant et intelligent. Une belle petite surprise.

One Piece Tome 100

Eiichirō Oda, Glénat, Grenoble, 2021, 208 pages
 

Goldorak

★★★

Xavier Dorison, Denis Bajram, Brice Cossu, Alexis Sentenac et Yoann Guillo, Kana, Paris et Bruxelles, 2021, 168 pages
 

Wendy Maître ès art

★★★

Walter Scott, ​ La Pastèque, Montréal, 2021, 276 pages
 

Singes

★★★ ​1/2

Aurel, ​ Futuropolis, Paris, 2021, 200 pages

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