Les matriarches, Nadia Ferroukhi et Laure Adler

« Ces sociétés matriarcales existent et les découvrir, les mettre en pleine lumière alors qu’elles demeurent encore aujourd’hui un impensé ou un fantasme est, en soi, important pour penser autrement le rapport entre les sexes », écrit Laure Adler en introduction de l’inspirant « travail de reconnaissance du féminin » s’échelonnant sur 10 ans de Nadia Ferroukhi. Dédié à la regrettée anthropologue Françoise Héritier, qui a épaulé la photographe globe-trotteret polyglotte dans ses recherches de 2012 à 217, cet album témoigne en une suite de tableaux d’une solennelle beauté du quotidien et des traditions de 10 sociétés où les femmes sont au centre des activités économiques, sociales et culturelles. Le matriarcat n’étant pas l’exact contraire du patriarcat, les hommes n’y sont pas écrasés, mais plutôt en périphérie du pouvoir. Comme chez les Minangkabaus d’Indonésie, plus grand groupe matrilinéaire du monde avec six millions d’habitants. Un déroutant voyage qui fait du bien et donne espoir.

Les matriarches

★★★★

Nadia Ferroukhi et Laure Adler, Albin Michel, Paris, 2021, 176 pages

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