Green Urbex. Le monde sans nous, Romain Veillon

Usines à l’abandon, parcs d’attractions désertés, châteaux ou villas d’un autre temps tombés à l’état de ruines. Autant de lieux irrécupérables, lentement avalés par un processus de décadence. Les photographies crépusculaires du Français Romain Veillon, spécialiste de la visite d’endroits abandonnés, redonnent presque à ces lieux leur beauté première avec Green Urbex. Le monde sans nous. Sous l’œil fasciné du photographe (et de son préfacier Sylvain Tesson), l’urbex vert (de l’anglais urban exploration) cible ici des territoires abandonnés où la nature reprend lentement le contrôle. Salle de bal de Brandebourg, ferme de Flandre ou synagogue en Roumanie : les photographies fixent un jalon de la disparition de ces lieux. De leur abandon par l’homme, en passant par leur pourrissement spectaculaire, jusqu’à leur reprise par la nature. Intérieurs ou extérieurs, les clichés fascinants de Romain Veillon remettent en question notre idée de la beauté et sont le reflet de la fragilité de nos civilisations. 

Green Urbex. Le monde sans nous

★★★ 1/2

Romain Veillon, Albin Michel, Paris, 2021, 240 pages

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