Le cauchemar du thylacine, D. Cali et C. Palmarucci

« Dans la forêt Sans-Nom […] se trouveun endroit appelé le sous-bois des Rêves, où travaille un étrange docteur. » Dans cette contrée lointaine, couscous, diable de Tasmanie, Koala et autres consultent Wallaby pour se défaire de cauchemars récurrents. Aidé de son fidèle dingo, le marsupial toubib part à la chasse aux mauvais rêves et trouve toujours un remède. Mais lorsque le thylacine se présente devant lui et expose son cauchemar, « une chose vide et sourde, profonde et immobile »,le docteur réfléchit. Le thylacine ne rêve pas. Le néant auquel il fait face n’est que le reflet de ce qu’il est, en l’occurrence une espèce éteinte. DavideCali — ici traduit par Béatrice Didiot — joue d’audace en permettant de découvrir plusieurs espèces disparues ou menacées dans une formule qui pourrait prendre racine dans le documentaire, mais s’en éloigne plus que jamais grâce à l’aura mystérieuse qui se dégage de l’ensemble. Tout le côté onirique du récit trouve écho dans le trait surréaliste et envoûtant de Palmarucci qui, depuis les pages de garde jusqu’à cette île des Ombres, renforce le côté obscur du récit. Magnifique.
 

Le cauchemar du thylacine

★★★★ 1/2

D. Cali et C. Palma-rucci, La Partie, Paris, 2021, 56 pages. 7 ans et plus.

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