Chez les deux pieds sans plumes, Pierre Morency

Drôle de petit livre que nous propose le grand Pierre Morency (L’œil américain, Grand fanal). Sous forme d’un inventaire qui n’est pas sans évoquer la tendresse d’un Jacques Prévert, le poète amoureux des oiseaux entreprend l’écriture de son « carnet de gens » où il consigne « tous ces êtres vus, entendus, imaginés au cours de [s]a vie récente ». Dans une prose poétique, il fait ainsi défiler ces « deux pieds sans plumes » à coups de brèves descriptions tour à tour justes, attentives, amusantes, moqueuses, curieuses, émouvantes, inventives. « Les gens. Voilà les égologistes. Voilà les je. Voilà les moi. Voilà les moi-moi, voilà les générations vroum-boum. » Ce faisant, il jongle avec les mots, leur sens et leur sonorité, créant ainsi des observations ludiques ou des réflexions légères sur la grande famille humaine. Pour agrémenter le tout, l’auteur fait danser sur les pages d’anonymes figures humanoïdes et de mystérieuses créatures ailées esquissées à l’encre de Chine, « le plus chaud des noirs ».
 

Chez les deux pieds sans plumes

★★★ 1/2

Pierre Morency, Boréal « Poésie », Montréal, 2021, 104 pages

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