Le Salon du livre plus populaire que prévu

Un peu moins de 1400 auteurs étaient sur place, alors qu’ils étaient plus de 2000 deux ans auparavant.
Photo: Salon du livre de Montréal / Facebook Un peu moins de 1400 auteurs étaient sur place, alors qu’ils étaient plus de 2000 deux ans auparavant.

Le Salon du livre de Montréal a obtenu un succès plus important que prévu la fin de semaine dernière au Palais des congrès, où les lecteurs ont pu, pour la première fois depuis la pandémie, rencontrer les auteurs en personne.

« On est agréablement surpris. Mêmesi la vente de billets allait bien, avec l’arrivée du nouveau variant et l’augmentation des cas, on avait peur que les gens ne viennent pas. Finalement, les lecteurs ont été au rendez-vous ! » se réjouit Olivier Gougeon, le directeur général de ce salon qui en était à sa 44e année.

L’édition 2021, lors de laquelle le port du masque était obligatoire en tout temps, aura été marquée par une diminution de 20 à 30 % du nombre de billets vendus par rapport au Salon du livre de 2019. Un recul très léger compte tenu des circonstances, souligne l’organisation, d’autant que le salon cette année se déroulait sur quatre jours et non pas sur six, comme il y a deux ans.

« La littérature est le secteur culturel qui a le mieux survécu à la pandémie. On a dépassé nos objectifs. De 20 à 30 % de diminution, c’est très enviable, d’autant plus que certains prévoyaient une diminution de 50 à 60 %, comme d’autres grands événements », souligne M. Gougeon, qui évite cependant d’avancer des chiffres exacts concernant l’achalandage, estimant qu’il s’agit d’une mesure trompeuse pour évaluer le succès du salon.

Littérature jeunesse à l’honneur

On sait par contre qu’environ 10 000 élèves du primaire et du secondaire se sont présentés avec leur classe au salon lors des deux premiers jours, jeudi et vendredi. C’est deux fois moins qu’en 2019, mais, encore là, ces chiffres doivent être replacés dans leur contexte. « S’il y a eu moins de monde, c’est tout simplement parce qu’on avait décidé de resserrer les jauges cette année à cause de la pandémie. S’il y avait eu autant de plages horaires qu’en 2019, il y aurait eu autant d’élèves », explique le directeur général du Salon du livre de Montréal.

Même avec un nombre d’élèves restreint, le salon a été couronné de succès pour les maisons d’édition jeunesse. Certaines d’entre elles ont même fini par manquer de livres à vendre.

« On ne s’attendait pas à un tel engouement. Normalement, les visites des écoles lors des salons du livre, ça se limite presque à une distribution de signets », remarque Amélie Bibeau, présidente de l’Association des écrivains québécois pour la jeunesse.

Un déménagement salué

Globalement, le milieu littéraire dit avoir passé un très beau salon, la première occasion en deux ans pour les différents acteurs de l’industrie de se rencontrer en présentiel. Un événement phare également pour faire la promotion des dernières sorties et pour faire découvrir aux lecteurs de nouveaux auteurs.

« Au fond, les ventes lors des salons ne sont jamais vraiment importantes par rapport à tout ce qu’on vend dans l’année. C’est surtout un outil de promotion pour nous », explique Serge Théroux, le président des éditions Somme toute, qui ne s’attendait pas lui non plus à croiser autant de gens lors de ce salon.

Malgré le couvre-visage, M. Théroux dit ne pas avoir senti une distance supplémentaire entre les écrivains et les visiteurs. Au contraire : selon lui, le nouvel emplacement du salon, le Palais des congrès, se prêtait davantage aux échanges que la Place Bonaventure, où se tenait l’événement jusqu’en 2019.

« Ça a été très agréable. Les plafonds sont beaucoup plus hauts. Le Palais des congrès est beaucoup plus aéré, et la circulation était aussi fluide », atteste Philippe Gendreau, directeur général adjoint des Éditions du Boréal.

Encore loin de la normale

En tout et pour tout, le nombre de maisons d’édition était bien moindre cette année qu’en 2019. Un peu moins de 1400 auteurs étaient aussi sur place, alors qu’ils étaient plus de 2000 deux ans auparavant. C’est tout de même beaucoup mieux que le salon de l’an dernier, qui était seulement offert à distance, pandémie oblige.

L’édition de cette année comportait toujours un volet numérique, mais celui-ci a eu un rayonnement très confidentiel, reconnaît le directeur général du Salon du livre.

« En 2019, il ne restait à peu près rien des échanges qui avaient eu lieu lors du salon. Cette année, il reste 25 tables rondes qui ont eu peu de visionnements jusqu’ici, mais que les gens vont au moins pouvoir revoir sur YouTube toute l’année. Ça permet au salon de vivre au-delà de quatre jours », s’empresse d’ajouter Olivier Gougeon, qui a d’ailleurs l’intention de continuer à développer le pan numérique pour la 45e édition l’an prochain.

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