Caroline Fortin devient propriétaire de Québec-Amérique et copropriétaire du distributeur Dimedia

L’éditrice Caroline Fortin est aussi copropriétaire du distributeur Dimedia.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir L’éditrice Caroline Fortin est aussi copropriétaire du distributeur Dimedia.

Suivant les traces de son père Jacques Fortin, qui a fondé les éditions Québec Amérique en 1974, l’éditrice Caroline Fortin devient propriétaire de Québec Amérique, ainsi que d’une majorité des parts des éditions Cardinal, et copropriétaire, avec les éditions du Boréal, du distributeur Dimedia.

La nouvelle a été annoncée par voie de communiqué mercredi. Il y a quelques semaines, Caroline Fortin a représenté le Canada à la foire du livre de Francfort, où elle présidait le comité organisateur de Canada FBM2020.

« J’avais cinq ans quand mon père a fondé Québec Amérique, dit-elle en entrevue. Ça a toujours fait partie de notre famille. Ma mère, mon frère, tout le monde y a travaillé ».

À sa sortie du cégep, Caroline Fortin prend tout naturellement le chemin de l’entreprise familiale, d’abord comme graphiste, puis à la promotion et à la mise en marché, et comme directrice artistique. « Je me suis investie dans la division jeunesse et dans la division internationale », relate-t-elle.

Certains ouvrages de Québec Amérique, comme le Dictionnaire visuel de Jean-Claude Corbeil, par exemple, ont un rayonnement international. « Le Dictionnaire est publié à travers le monde en partenariat avec plusieurs éditeurs », note-t-elle.

Aujourd’hui âgé de 82 ans, Jacques Fortin est quant à lui toujours chez Québec Amérique. « Il lit toujours des manuscrits », souligne sa fille. Mais il allait de soi pour elle de reprendre le flambeau.

Et Caroline Fortin espère bien continuer de le porter bien haut, même en cette période de mouvance pour le marché du livre et le monde de l’édition. Dans un monde où l’éphémère devient la norme, elle souhaite « être capable de continuer de publier des œuvres qui ont une pertinence à long terme, tant du côté de la fiction que de la non-fiction ».

Elle cite en exemple l’essai récent d’India Desjardins, Mister Big ou la glorification des amours toxiques, ou encore celui de Liz Plank, Pour l’amour des hommes. Dialogue pour une masculinité positive.

Réouverture prochaine

Constatant le très grand nombre d’ouvrages québécois qui envahissent le marché, Caroline Fortin dit vouloir se concentrer sur la publication des « perles ».

Elle constate par ailleurs que, contrairement aux attentes, le livre numérique n’a pas pris son envol au Québec, où il atteint rarement plus de 3 ou 4 % des ventes.

En septembre dernier, Stéphanie Durand a été nommée directrice éditoriale de la division jeunesse de Québec Amérique, et Nathalie Ranger directrice de la mise en marché.

Parmi ses projets à court terme, Caroline Fortin vise notamment la réouverture du café Chez l’éditeur, sur la rue Saint-Hubert à Montréal, là où Québec Amérique a déménagé ses quartiers il y a quatre ans.

« On a fait un café littéraire qu’on a exploité pendant trois ans », dit-elle. Fermé temporairement dans la foulée de la pandémie, Chez l’éditeur devrait rouvrir ses portes prochainement, ajoute-t-elle.

 



La version originale de cet article a été modifiée afin de corriger le nom de madame Caroline Fortin à certains endroits. 

 

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