«Un homme, tout simplement»: un homme avec un petit h

Alors qu’Un viol ordinaire était écrit en grande partie sous une forme épistolaire, «Un homme, tout simplement» se décline essentiellement en une suite de dialogues.
Photo: Alors qu’Un viol ordinaire était écrit en grande partie sous une forme épistolaire, «Un homme, tout simplement» se décline essentiellement en une suite de dialogues.

Sorti en octobre 2020, Un viol ordinaire racontait comment un homme, Laurent, avait ruiné sa relation de couple après avoir réalisé un fantasme sexuel sans le consentement de sa compagne, Léa. L’acte répréhensible du violeur avait également mis en péril l’avenir du couple formé par ses parents, Paul et Julie. Un an plus tard, après plusieurs mois de recherches, Janette Bertrand renoue avec ses personnages afin de rendre compte de leur évolution. Pour le meilleur et pour le pire.

Dans Un homme, tout simplement, les amis de Laurent sont toujours aussi machos, et Paul ne pense qu’à l’honneur de sa famille. Heureusement, Julie ne se laisse plus marcher sur les pieds par son mari ; Laurent songe à se joindre à un groupe d’entraide pour hommes ; et Léa, soutenue par sa cousine Marie-Fleur, étudiante en travail social, s’est tournée vers la justice réparatrice.

« Ce que j’attends aujourd’hui, c’est que tu admettes que tu m’as violée, que tu me garantisses que tu ne recommenceras pas et que tu te fasses soigner. En somme, je veux que tu changes. Moi, je ne peux pas te changer. Toi, si tu le veux, tu peux changer pour le mieux. »

Alors qu’Un viol ordinaire était écrit en grande partie sous une forme épistolaire, Un homme, tout simplement se décline essentiellement en une suite de dialogues, certes vivants, comme à l’époque où l’autrice écrivait la série Avec un grand A, mais pas toujours subtils. Le trait est souvent lourd, les personnages, surtout les protagonistes masculins, ne sont pas loin de la caricature. « J’ai-tu besoin de ça, moi, dans ma vie, des chums Cro-Magnon ? Va falloir que je change ma gang de gars, ils sont trop mononcles pour moi. Non, je suis trop évolué pour eux. »

Annoncé comme un dernier effort pour que les hommes se remettent en question, le roman se révèle trop didactique et manichéen. Animée d’un sentiment d’urgence, Janette Bertrand ne met pas de gants blancs pour dénoncer avec fracas le patriarcat, la masculinité toxique, la culture du viol et l’injustice faite aux femmes. Au bout du compte, peut-on réellement reprocher à la vénérable combattante pour l’égalité hommes-femmes de vouloir faire passer son message à tout prix ?
 

Un homme, tout simplement

★★ 1/2

Janette Bertrand, Libre Expression, Montréal, 2021, 188 pages

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