La délégation canadienne brille à la ​Foire du livre de Francfort

L’auteur Michel Jean a suscité beaucoup d’intérêt de la part des Allemands avec son livre «Kukum».
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir L’auteur Michel Jean a suscité beaucoup d’intérêt de la part des Allemands avec son livre «Kukum».

Il faudra encore des semaines avant de connaître toute l’ampleur des retombées de la présence du Canada comme invité d’honneur à la Foire du livre de Francfort cette année. Après un tel événement, les éditeurs étrangers prennent le temps de prendre contact avec les auteurs qui ont attiré leur attention. Mais alors que les festivités se terminaient dimanche, certains auteurs y ont déjà très bien tiré leur épingle du jeu.

C’est le cas de l’auteur Michel Jean, qui a suscité beaucoup d’intérêt de la part des Allemands avec son livre Kukum. « Michel était un invité d’honneur de Francfort. Mais l’attention médiatique qu’il a eue, c’était quelque chose de vraiment très impressionnant, dit son éditrice chez Librex, Marike Paradis. C’est grâce à son talent d’écrivain, mais aussi au fait que Michel est un communicateur exceptionnel qui travaille dans le milieu des médias. Il n’est pas stressé par la caméra et a une grande fluidité. Il y a aussi le fait qu’il est Autochtone dans un contexte où on parle beaucoup de revendication territoriale. »

La délégation canadienne, qui devait initialement compter 60 auteurs, n’en a finalement regroupé que huit, dont cinq Québécois. Cette situation liée à la pandémie a fait en sorte que les huit auteurs présents se sont partagé une grande attention médiatique, relève Marike Paradis.

« J’ai fait à peu près toutes les grandes chaînes de télévision allemandes », dit Michel Jean, qui dit même avoir été « un peu dépassé » par les événements, alors que la Foire a débuté seulement cinq jours après la parution de son livre Kukum en allemand.

« Mon éditeur allemand était très enthousiaste et il partageait beaucoup de choses sur Facebook », dit-il, ajoutant que les questions autochtones trouvent beaucoup de résonance en Allemagne. « Les Allemands sont des gens très cérébraux et sérieux. Ils rigolent, mais ils sont capables de rester très concentrés. Ils s’intéressent aux questions de fond. » Déjà, Michel Jean prévoit de retourner en Allemagne pour faire la tournée des maisons de la littérature, qui sont organisées en réseau à travers le pays. Il a également été approché par un éditeur brésilien.

Les plus vendus en allemand

Pour Caroline Fortin, vice-présidente du Groupe Québec Amérique et présidente du comité organisateur Canada FBM2021, c’était un plaisir de voir des livres d’auteurs québécois, comme Andrée A. Michaud, trôner sur les piles des livres les plus vendus en allemand. Elle revient d’ailleurs avec en poche un projet de traduction en allemand pour deux autres auteurs qu’elle ne nomme pas parce qu’ils n’en ont pas encore été informés.

« J’ai lancé le projet de faire du Canada le pays invité d’honneur de la Foire il y a neuf ans comme éditrice », dit-elle. En prévision de l’événement, des séances de formation avaient été offertes aux éditeurs québécois et canadiens pour faciliter la vente de droits auprès des Allemands. « L’édition virtuelle de 2020 a été décevante », reconnaît-elle. Mais l’édition 2021 de la Foire « a surpris tout le monde ».

« Le programme mis sur pied par le Conseil des arts du Canada permettait aux éditeurs allemands de faire l’acquisition d’œuvres canadiennes par l’entremise d’un programme d’aide à la traduction qui payait 50 % des coûts. Dans le cas de ce programme, les œuvres littéraires et non littéraires étaient admissibles », explique Carole Boutin, directrice des contrats et des droits pour le Groupe Librex et le Groupe Ville-Marie littérature.

L’événement a également été l’occasion, durant toute l’année, de faire briller le Québec et le Canada dans différents domaines, des musées au cinéma en passant par l’art public.

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