Cinq bijoux littéraires pour petits lecteurs

Photo: Adil Boukind Le Devoir

L’ébouriffée ou quand mes cheveux s’en mêlent…

Malie déteste ses cheveux incontrôlables. Impossible de les coiffer, de les cacher sous un chapeau, et encore moins de passer inaperçue. Partout où elle va, gâteaux, oiseaux, piano et autres passagers inattendus s’accrochent à ses boucles. Au fil des pages, la crinière blonde et flamboyante offre un contraste saisissant aux douces illustrations aux teintes pastel et aux traits arrondis. Avec beaucoup d’humour, de fantaisie et de poésie, l’autrice-illustratrice Nathalie Dion entraîne les enfants sur la route de l’estime de soi, rappelant que, sous nos différences, se dissimulent bien souvent nos plus grandes forces. (Dominique et compagnie, en librairie)

Ensemble nous voyageons

« Maman dit qu’elle attend l’été / moi je crois qu’elle se transforme / tout doucement en printemps / Je ne veux pas savoir quand / nous reviendrons à la maison / ensemble nous voyageons. » La maison d’édition jeunesse féministe Dent-de-lion fait paraître ce sublime recueil qui aborde avec douceur et sensibilité la maladie d’un parent. Alors que la jeune narratrice remarque les changements chez sa maman, elle entreprend avec elle un voyage dans les lieux porteurs de leur amour. De fil en aiguille, la maman devient maison, puis œuvre d’art, animal, puis saison, donnant à la fillette la force d’aimer au présent. Les textes poétiques de Lula Carballo et Catherine Anne Laranjo offrent aux petits lecteurs le pouvoir du symbole et se conjuguent à merveille aux éloquentes illustrations brodées à la main par l’artiste Kesso. Une véritable œuvre d’art à hauteur d’enfant. (Dent-de-lion, 14 septembre)

 

Le guerrier massaï

Bercé par les nombreux récits de voyage de son père, un jeune garçon rêve de découvrir le monde. Dans le vestibule de sa maison, la statue d’un guerrier massaï rapportée d’Afrique semble veiller sur la maisonnée. Une nuit, le guerrier se réveille, entraînant l’enfant à la découverte du monde. Illustré entièrement en noir et blanc, l’album — avec son univers poétique et ses jeux d’ombre et de lumière — évite l’aridité en conjurant la puissance évocatrice et onirique du cinéma. Laurent Pinabeltranspose sur les pages l’aura énigmatique et intime du voyage pour mieux aborder l’importance de l’héritage dans la quête de soi. (Les 400 coups, 6 octobre)

Le pays du grand ciel

Avec ce récit initiatique d’une beauté à couper le souffle, Nathalie Wyss entraîne petits et grands dans les steppes enneigées de la Mongolie à la découverte de légendes lointaines et envoûtantes. Dans ce pays du ciel bleu, rencontrer un loup est signe de chance. Depuis toujours, Nomin rêve d’en voir un de ses propres yeux. Sa grand-mère l’incite à la patience : c’est dans l’invisible, dans le cœur et les histoires que se cache la route qui mène vers ces créatures mystérieuses. Le trait de Jérémy Pailler, fait d’encre et d’aquarelle, rappelle à la fois la douceur du souvenir et l’exotisme du bout du monde. (Kaléidoscope, octobre)

Les carnets de novembre

Les plus vieux ne seront pas en reste cet automne, avec de très belles offres aux éditions Hurtubise (Moi aussi, Sophie Rondeau), Scholastic (Point zéro, Alan Gratz) et Dominique et compagnie (L’escouade du bonheur, Diana Bélice). À La courte échelle, Marie-Hélène Jarry révèle avec douceur la solitude et les tourments qui habitent le cœur de bien des adolescents. Marjorie et Théo ne se connaissent pas. Dans un carnet vert fluo, à la papeterie du quartier, ils entreprennent une correspondance et se livrent bientôt leurs plus grands secrets et leurs plus grandes détresses. Mais comment aider quelqu’un que l’on n’a jamais rencontré ? Un roman sur la puissance de l’écoute et de l’amitié. (La courte échelle, 6 octobre)

 

Les étoiles s’en mêlent

Quelques grandes stars se lancent dans l’enfance (ou renouent avec elle) en cette rentrée littéraire. Après le succès de La boussole magique (Michel Lafon, 2019), Paul McCartney est de retour avec un voyage merveilleux pour les tout-petits. Dans Le sous-marin magique (27 septembre), Papy et les enfants se lancent à l’aventure sous l’océan et dans les déserts, guidés par les refrains entraînants des Beatles.

Toujours chez Michel Lafon, l’actrice Natalie Portman revisite, avec Les fables (18 octobre), les contes de notre enfance pour mieux aborder des enjeux actuels, tels que le féminisme et l’environnement.

Enfin, on ne peut passer sous silence le retour de la non moins célèbre J. K. Rowling, près de 15 ans après la fin de la saga Harry Potter. Dans Jack et le cochon de Noël (Gallimard, 12 octobre), l’écrivaine britannique s’amuse maintenant avec la magie des Fêtes pour raconter les aventures d’un jeune garçon prêt à tout pour retrouver son jouet préféré.



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