Gallimard rachète les Éditions de Minuit

«Irène Lindon, présidente des Éditions de Minuit, et Antoine Gallimard, président de Madrigall, ont conclu un accord scellant l’adossement des Éditions de Minuit à Madrigall le 1er janvier 2022», ont annoncé mercredi les deux sociétés dans un communiqué commun.
Photo: Stephane de Sakutin Agence France-Presse «Irène Lindon, présidente des Éditions de Minuit, et Antoine Gallimard, président de Madrigall, ont conclu un accord scellant l’adossement des Éditions de Minuit à Madrigall le 1er janvier 2022», ont annoncé mercredi les deux sociétés dans un communiqué commun.

Du nouveau dans le monde de l’édition en France : le groupe Madrigall, maison mère de Gallimard, a annoncé mercredi le rachat des prestigieuses Éditions de Minuit, qui ont publié Marguerite Duras comme le Prix Nobel de littérature Samuel Beckett.

« Irène Lindon, présidente des Éditions de Minuit, et Antoine Gallimard, président de Madrigall, ont conclu un accord scellant l’adossement des Éditions de Minuit à Madrigall le 1er janvier 2022 », ont annoncé mercredi les deux sociétés dans un communiqué commun.

Les termes financiers de l’accord n’ont pas été divulgués.

L’opération met fin à l’indépendance de Minuit, fondée dans la clandestinité en 1941 et contrôlée par la famille Lindon depuis 1948.

Minuit avait commencé en publiant Le silence de la mer du résistant Vercors. Jérôme Lindon en avait pris la tête alors que cette petite structure se débattait avec les problèmes financiers.

Il a ensuite été l’un des plus grands éditeurs de l’histoire de la littérature française : le premier de Samuel Beckett (Molloy, 1958), Irlandais qui recevra le prix Nobel de littérature en 1961, celui du Nouveau Roman (Les gommes d’Alain Robbe-Grillet en 1953), celui de Claude Simon, Prix Nobel 1985, ou encore de Marguerite Duras, l’un des plus grands succès du prix Goncourt (L’amant, 1984).

« J’estime vos efforts et votre goût. Je vous envie parfois d’être libre et de savoir l’être », écrivait en 1959 Gaston Gallimard, le grand-père d’Antoine Gallimard, à Jérôme Lindon, comme l’ont rappelé les deux maisons d’édition dans leur communiqué.

« L’âge venant, il fallait que je pense à l’avenir de la maison, de ses collaborateurs et de ses auteurs […] C’est donc naturellement que je me suis tournée vers Antoine Gallimard dont le catalogue et les librairies sont un modèle de la profession et qui assure depuis plusieurs années […] notre diffusion-distribution auprès des libraires », a expliqué Irène Lindon, 72 ans.

 

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