Trois livres à mettre dans sa valise cet été

Marie Fradette
Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Le Petit D

Le commencement du monde

Il y a très longtemps, « si longtemps que personne ne s’en souvient », le Dabba d’en haut et le Dabba d’en bas, deux zigs étonnants, s’occupaient de créer respectivement tout ce qui vole et tout ce qui se promène sur la terre et dans l’eau. Mais, un jour, ils joignent leur talent et modèlent un petit être étrange, très différent de leurs créations antérieures. On voit ainsi naître, à coups de gazouillis dans la gorge, de terre brune dans les pieds et d’étoiles dans la tête Une drôle de bête. Martine Laffon raconte ici les débuts de l’humanité avec humour et poésie s’écartant du convenu afin de mieux plonger dans la fantaisie. Le trait tout en rondeur de Delphine Durand assure une facture visuelle colorée, éclatante, dans laquelle fourmillent de nombreux détails tout aussi loufoques qu’improbables.

Une drôle de bête, ★★★★, Martine Laffon et Delphine Durand, Comme des géants, Varennes, 2021, 48 p, 4 ans et plus.


 

L’abc des ponts

Avant de présenter en détail comment construire des ponts, le russe Roman Beliaev raconte ici l’origine de ces voies de transport devenues aujourd’hui essentielles. Depuis le pont Girsu en Irak, construit il y a près de4000 ans, jusqu’au viaduc de Millau en France, le plus haut pont du monde, l’auteur dresse un portrait de ces géants. L’abondante information est soutenue par des illustrations stylisées, des lignes pures qui épousent l’architecture du sujet. On regrettera peut-être l’absence de table des matières, qui aurait facilité la consultation du livre. Enfin, détaillée et fouillée, l’information saura assurément faire naître quelques passions pour ces emblèmes architecturaux.

Comment on construit un pont ?, ★★★, Roman Beliaev, traduit du russe par Luba Markovskaia, La Pastèque, Montréal, 2021, 42 p., 8 ans et plus.


 

Puissante adolescence

Lucide, inquiète, indignée, et malgré tout pleine d’espoir, Mélisse Rose livre, dans des élans sincères et orageux, avec intensité, ses réflexions sur la société égoïste, sur la planète qui s’essouffle, sur le temps perdu à brasser des problèmes sans penser aux solutions. Dans cette tirade peu commune, garnie de références à la culture jeune, elle s’exprime dans une langue de caste, écorchée, qui malmène et émeut à la fois. L’autrice Sarah Lalonde frappe fort avec Trash anxieuse, ce roman qui parle des adolescents aux adolescents sans tabous ni dentelle, seulement de façon authentique. Fameux.

Trash anxieuse, ★★★★ 1/2, Sarah Lalonde, Leméac, Montréal, 2021, 144 p., 15 ans et plus.

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