La fille de cinquante ans

Photo: Éditions Globe, photomontage «Le Devoir»

« Pas pute. Pas chaste. Juste imbaisable. » Célibataire involontaire depuis une trentaine d’années, n’ayant pas eu d’enfants, la romancière quinquagénaire Malin Lindroth s’intéresse à l’évolution du statut de la « vieille fille » de la nuit des temps à aujourd’hui. Constatant qu’à chaque époque, la vie à deux fait toujours figure de réussite sociale, elle propose dans La fille de cinquante ans, plus près du témoignage que de l’essai, de sortir la vieille fille du placard de la honte une fois pour toutes. Truffé d’anecdotes illustrant le regard cruel, incompréhensif, empli de jugement, de pitié ou d’empathie porté sur la célibataire sans enfants, ce court essai léger et lucide, qui a été adapté au théâtre en Suède, n’adopte jamais un ton revanchard ni victimaire. Au contraire, l’autrice y revendique fièrement son statut de femme libre. « Lorsque je me qualifie de vieille fille, la seule chose que je fais est d’assumer mon histoire. Je me donne le droit de dire ce que j’ai vu et ce que je sais. »

La fille de cinquante ans

★★★

Malin Lindroth, traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy, Globe, Paris, 2021, 109 pages

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