Les flâneurs

Illustration: Le Devoir
Caroline Montpetit

Récit métis

​Le récit Halfbreed, de l’écrivaine métisse Maria Campbell, est finalement traduit en français, par Charles Bender et Jean-Marc Dalpé (Prise de parole). On y retrace l’enfance de l’autrice, née dans une réserve de la Saskatchewan, jusqu’à la prise de conscience des problèmes vécus par son peuple et à son besoin de le défendre. Rarement lira-t-on un récit aussi clair sur la réalité autochtone postcoloniale, entre le braconnage du père, la peur de perdre ses enfants aux mains de la Protection de la jeunesse et l’extrême pauvreté qui mène à la drogue et à la prostitution. Un joyau de littérature.


Philippe Papineau

L’horreur de bon ton

Personne n’en sera vraiment étonné, mais ça va mal pour beaucoup de personnages de la série d’anthologie Patrick Senécal présente, sur Club illico. Au début de chaque épisode, l’auteur est assis devant sa machine à écrire — à la manière d’un Alfred Hitchcock qui jouerait dans Shining — pour présenter brièvement chaque histoire. Des références qui donnent le ton des cinq intrigues distinctes en ce moment disponibles. Ici, l’horreur flirte avec le suspense, le fantastique et le comique. Et surtout, la série, portée par des comédiens chevronnés, réussit à trouver le bon équilibre pour plaire à la fois aux curieux et aux férus du genre.


Odile Tremblay

Sa muse et son bâton de marche

Il est fascinant de suivre la trajectoire d’un artiste à travers le Québec en marche, en témoigne l’autobiographie de François Dompierre, Amours, délices et orgues – Récits d’une vie plurielle, à paraître le 1er avril aux Éditions La Presse. Le parcours du compositeur de Demain matin, Montréal m’attend et d’IXE-13 a démarré à la chorale de l’église et au clavier des grandes orgues, avant de mêler tous les styles. Sa vie de gourmandise, de concertos, de comédies musicales, dans une société en mutation, se double avec style d’un coup de chapeau aux amis et aux créateurs ayant jalonné sa route.


François Lévesque 

La beauté du geste

Présenté en compétition au FIFA, le documentaire-essai Habiter le mouvement entraîne les cinéphiles de Rouyn-Noranda à Montréal, en passant par Saint-Jean-Port-Joli et Pasbébiac, où la cinéaste Béatriz Mediavilla a capté des chorégraphies créées in situ par Thierry Thieû Niang. Les danseurs ? Des volontaires choisis sur place. En voix hors champ : un agencement de poèmes, de réflexions liées aux ateliers, un extrait de l’Iliade, un manifeste politique… La notion même de mouvement est décortiquée à travers maintes variations, du geste quotidien aux grandes migrations. En ligne.