Lettre à Benjamin

Photo: Éditions La Peuplade, photomontage «Le Devoir»

Il y a un peu plus d’un an, l’amoureux de Laurence Leduc-Primeau (Zoologies, 2018) s’est suicidé. Quelques mois plus tard, l’autrice entreprend de lui écrire une longue lettre : « J’écris beaucoup depuis que tu es mort. Je t’écris beaucoup et j’écris aussi “pour vrai”. Mais, je ne raconte pas. Pas de récit, pas de chercher les liens entre les trous. Juste du présent, garroché sans réfléchir, ou de l’abstrait, travaillé autour du vide. » Rédigée dans l’urgence, chargée d’émotions brutales, cette fulgurante Lettre à Benjamin lui permet de hurler son amour, son chagrin, son désarroi, son incompréhension, sa colère, d’exprimer sa révolte contre un système de santé déficient qui néglige les écorchés vifs. Surtout, de rester en vie. Et de cultiver le souvenir des beaux jours vécus avec cet amour-là. Une plongée vertigineuse dans la psyché d’une femme endeuillée à l’écriture fluide, fiévreuse, incarnée où s’exprime avec un éclat presque douloureux le pouvoir salvateur de la création.

Lettre à Benjamin

★★★

Laurence Leduc-Primeau, La Peuplade, Chicoutimi, 2021, 105 pages