La Galaxie Carver

Le parcours d'Olivier Cohen a été bouleversé par la rencontre de Raymond Carver. Il avait lu quelques pages dans une librairie new-yorkaise, en 1983, où il avait trouvé refuge contre la pluie. Puis ils sont devenus amis. Cet auteur ne l'a plus jamais quitté, même si le nouvelliste américain, né en 1938, est mort peu après, en 1987, d'un cancer des poumons. En quelques recueils de nouvelles, ce prosateur au style dense et dépouillé a eu une grande influence sur de nombreux écrivains contemporains.

«Il m'a fait rencontrer beaucoup de gens, Richard Ford par exemple, explique Olivier Cohen. Et j'ai découvert que beaucoup de ceux que je connaissais le connaissaient aussi. Cela a permis de créer une espèce de galaxie d'écrivains, d'auteurs, d'agents. Mon goût s'est enraciné autour de ce réseau d'amitié, surtout pour les éditeurs et les auteurs; avec les agents littéraires, c'est plus difficile de parler d'amitié. Si vous êtes connu et solvable, vous pouvez être amis; si vous êtes solvable et pas connu, ça peut aller; si vous êtes connu et pas solvable, ce n'est pas la peine.» C'est ainsi qu'il a rencontré des éditeurs comme Jonathan Galassy, aujourd'hui à la tête de Farrar, Straus, Giroux, Gary Fisketjon, devenu le bras droit de Sonny Mehta chez Knopf, ou Morgan Entrekin, qui dirige Grove/Atlantic.

Sa connaissance des principaux acteurs de l'édition littéraire américaine (qui restent préoccupés du contenu des livres plus que de leurs résultats de ventes) a permis à Olivier Cohen de constituer son catalogue dans le sillage de l'auteur des Vitamines du bonheur.