Black Power

Photo: Éditions Paris, photomontage «Le Devoir»

Retirez un instant, à n’importe quelle collection de disques qui se respecte, ses albums créés par des artistes noirs et constatez le gâchis que vous avez engendré. Après son passionnant recueil de portraits de rockeuses (Girls Rock, 2019), la journaliste française Sophie Rosemont dresse un inventaire des œuvres socialement et politiquement engagées créées par des Noirs américains. À la fois discothèque raisonnée de la musique populaire étasunienne au sens large et regard au présent sur la nécessaire résistance que la pop culture aura offerte aux injustices subies par la communauté afro-américaine, Black Power raconte avec admiration, érudition et perspicacité une histoire de « persévérance » et d’« ingéniosité » (pour reprendre les mots de l’universitaire Rashida K. Braggs). Le grand talent de la brillante rock critic réside dans sa capacité à éclairer de façon inédite certains albums canoniques et à inclure dans sa sélection juste assez d’albums moins consensuels pour provoquer des découvertes et alimenter les débats.

 

Black Power

★★★★

Sophie Rosemont, GM Éditions, Paris, 2020, 192 pages